C.G. Jung: Word and Image

C.G. Jung: Word and Image

by C. G. Jung, Saint-John Perse
     
 

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Editorial Reviews

From the Publisher

"For Jungians this is a family album as well as an exhibition of the universe around this remarkable man. For the general reader it is the best short exposition of his ideas and life available; the pictures are a bonus."--The Los Angeles Times

Product Details

ISBN-13:
9780691018478
Publisher:
Princeton University Press
Publication date:
05/01/1983
Series:
Princeton/Bollingen Paperbacks Series
Pages:
202
Product dimensions:
9.22(w) x 10.93(h) x 0.60(d)

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Collected Poems


By St.-John Perse, W. H. Auden, Hugh Chisholm, Denis Devlin, T. S. Eliot, Robert Fitzgerald, Wallace Fowlie, Richard Howard, Louise Varèse

PRINCETON UNIVERSITY PRESS

Copyright © 1983 Princeton University Press
All rights reserved.
ISBN: 978-0-691-01847-8



CHAPTER 1

POÉSIE

* * *

ON POETRY


Translated by W. H. Auden


SPEECH OF ACCEPTANCE UPON THE AWARD OF THE NOBEL PRIZE FOR LITERATURE DELIVERED IN STOCKHOLM, DECEMBER 10, 1960


Citation to St.-John Perse

"For the soaring flight and the evocative imagery of his poetry, which in a visionary fashion reflects the conditions of our time." — THE SWEDISH ACADEMY, 1960


J'ai accepté pour la Poésie l'hommage qui lui est ici rendu, et que fai hâte de lui restituer.

La poésie n'est pas souvent à l'honneur. C'est que la dissociation semble s'accroître entre l'œuvre poétique et l'activité d'une société soumise aux servitudes matérielles. Écart accepté, non recherché par le poète, et qui serait le même pour le savant sans les applications pratiques de la science.

Mais du savant comme du poète, c'est la pensée désintéressée que l'on entend honorer ici. Quid du moins ils ne soient plus considérés comme des frères ennemis. Car l'interrogation est la même qu'ils tiennent sur un même abîme, et seuls leurs modes d'investigation diffèrent.

Quand on mesure le drame de la science moderne découvrant jusque dans l'absolu mathématique ses limites rationnelles; quand on voit, en physique, deux grandes doctrines maîtresses poser, l'une, un principe général de relativité, l'autre un principe "quantique" d'incertitude et d'indéterminisme qui limiterait à jamais l'exactitude même des mesures physiques; quand on a entendu le plus grand novateur scientifique de ce siècle, initiateur de la cosmologie moderne et répondant de la plus vaste synthèse intellectuelle en termes d'équations, invoquer l'intuition au secours de la raison et proclamer que "l'imagination est le vrai terrain de germination scientifique," allant même jusqu'à réclamer pour le savant le bénéfice d'une véritable "vision artistique" — n'est-on pas en droit de tenir l'instrument poétique pour aussi légitime que l'instrument logique?

Au vrai, toute création de l'esprit est d'abord "poétique" au sens propre du mot; et dans l'équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s'exerce, initialement, pour l'entreprise du savant et pour celle du poète. De la pensée discursive ou de l'ellipse poétique, qui va plus loin, et de plus loin? Et de cette nuit originelle où tâtonnent deux aveugles-nés, l'un équipé de l'outillage scientifique, l'autre assisté des seules fulgurations de l'intuition, qui donc plus tôt remonte, et plus chargé de brève phosphorescence? Ea réponse n'importe. Le mystère est commun. Et la grande aventure de l'esprit poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. Des astronomes ont pu s'affoler d'une théorie de l'univers en expansion; il n'est pas moins d'expansion dans l'infini moral de l'homme — cet univers. Aussi loin que la science recule ses frontières, et sur tout l'arc étendu de ces frontières, on entendra courir encore la meute chasseresse du poète. Car si la poésie n'est pas, comme on l'a dit, "le réel absolu," elle en est bien la plus proche convoitise et la plus proche appréhension, à cette limite extrême de complicité où le réel dans le poème semble s'informer lui-même.

Par la pensée analogique et symbolique, par l'illumination lointaine de l'image médiatrice, et par le jeu de ses correspondances, sur mille chaînes de réactions et d'associations étrangères, par la grâce enfin d'un langage où se transmet le mouvement même de l'Être, le poète s'investit d'une surréalité qui ne peut être celle de la science. Est-il chez l'homme plus saisissante dialectique et qui de l'homme engage plus? Lorsque les philosophes euxmêmes désertent le seuil métaphysique, il advient au poète de relever là le métaphysicien; et c'est la poésie alors, non la philosophie, qui se révèle la vraie "fille de l'étonnement," selon l'expression du philosophe antique à qui elle fut le plus suspecte.

Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d'abord mode de vie — et de vie intégrale. Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques: parce qu'il est part irréductible de l'homme. De l'exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l'étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies s'effondrent, c'est dans la poésie que trouve refuge le divin; peut-être même son relais. Et jusque dans l'ordre social et l'immédiat humain, quand les Porteuses de pain de l'antique cortège cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux, c'est à l'imagination poétique que s'allume encore la haute passion des peuples en quête de clarté.

Fierté de l'homme en marche sous sa charge d'éternité! Fierté de l'homme en marche sous son fardeau d'humanité, quand pour lui s'ouvre un humanisme nouveau, d'universalité réelle et d'intégralité psychique. ... Fidèle à son office, qui est l'approfondissement même du mystère de l'homme, la poésie moderne s'engage dans une entreprise dont la poursuite intéresse la pleine intégration de l'homme. Il n'est rien de pythique dans une telle poésie. Rien non plus de purement esthétique. Elle n'est point art d'embaumeur ni de décorateur. Elle n'élève point des perles de culture, ne trafique point de simulacres ni d'emblèmes, et d'aucune fête musicale elle ne saurait se contenter. Elle s'allie, dans ses voies, la beauté, suprême alliance, mais n'en fait point sa fin ni sa seule pâture. Se refusant à dissocier l'art de la vie, ni de l'amour la connaissance, elle est action, elle est passion, elle est puissance, et novation toujours qui déplace les bornes. L'amour est son foyer, l'insoumission sa loi, et son lieu est partout, dans l'anticipation. Elle ne se veut jamais absence ni refus.

Elle n'attend rien pourtant des avantages du siècle. Attachée à son propre destin, et libre de toute idéologie, elle se connaît égale à la vie même, qui n'a d'elle-même a justifier. Et c'est d'une même étreinte, comme une seule grande strophe vivante, quelle embrasse au présent tout le passé et l'avenir, l'humain avec le surhumain, et tout l'espace planétaire avec l'espace universel. L'obscurité qu'on lui reproche ne tient pas à sa nature propre, qui est d'éclairer, mais à la nuit même quelle explore, et qu'elle se doit d'explorer: celle de l'âme elle-même et du mystère où baigne l'être humain. Son expression toujours s'est interdit l'obscur, et cette expression n'est pas moins exigeante que celle de la science.

Ainsi, par son adhésion totale à ce qui est, le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l'unité de l'Être. Et sa leçon est d'optimisme. Une même loi d'harmonie régit pour lui le monde entier des choses. Rien n'y peut advenir qui par nature excède la mesure de l'homme. Les pires bouleversements de l'histoire ne sont que rythmes saisonniers dans un plus vaste cycle d'enchaînements et de renouvellements. Et les Furies qui traversent la scène, torche haute, n'éclairent qu'un instant du très long thème en cours. Les civilisations mûrissantes ne meurent point des affres d'un automne, elles ne font que muer. L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance.

Et c'est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l'événement historique. Et rien du drame de son temps ne lui est étranger. Qu'à tous il dise clairement le goût de vivre ce temps fort! Car l'heure est grande et neuve, où se saisir à neuf. Et à qui donc céderions-nous l'honneur de notre temps? ...

liNe crains pas," dit l'Histoire, levant un jour son masque de violenee — et de sa main levee elle fait ce geste conciliant de la Divinité asiatique au plus fort de sa danse destruetrice. "Ne erains pas, ni ne do ute — car Ie doule est stérile et la crainte est servile. Écoute plutôt ce battement rythmique que ma main haute imprime, novatrice, à la grande phrase humaine en voie toujours de création. Il n'est pas vrai que la vie puisse se renier elle-même. Il n'est rien de vivant qui de néant procède, ni de néant s'éprenne. Mais rien non plus ne garde forme ni mesure, sous l'incessant afflux de l'Être. La tragédie n'est pas dans la métamorphose elle-même. Le vrai drame du siècle est dans l'écart qu'on laisse croître entre l'homme temporel et l'homme intemporel. L'homme éclairé sur un versant va-t-il s'obscurcir sur l'autre? Et sa maturation forcée, dans une communauté sans communion, ne sera-t-elle que fausse maturité? ..."

On behalf of Poetry I have accepted the honour, which has here been paid to Her, an honour which 1 shall now hasten to restore to Her.

Poetry rarely receives public homage. The gulf between poetic creation and the activities of a society subjected to material bondage grows ever wider. This estrangement, which the poet must accept though it is none of his doing, would be the fate of the scientist as well, were it not that science has practical applications.

But it is the disinterested mind of the scientist no less than that of the poet which we are gathered here to honour. Here, at least, it is forbidden to regard them as sworn enemies. Both put the same question to the same abyss: they differ only in their methods of investigation.

When we consider the drama of modern science as it discovers its rational limits in pure mathematics; when, in physics, we see two great sovereign doctrines laid down, one the General Theory of Relativity, the other the Quantum Theory of uncertainty and indeterminism which would set a limit to the exactitude even of physical measurements; when we have heard the greatest scientific discoverer of this century, the founder of modern cosmology, the architect of the greatest intellectual synthesis in terms of mathematical equations, invoking intuition to come to the rescue of reason, asserting that "imagination is the real soil of all fruitful scientific ideas," and even going so far as to claim for the scientist the benefit of an authentic "artistic vision" — then, have we not the right to consider the instrument of poetry as legitimate as that of logic?

Indeed, in its beginnings every creative act of the spirit is "poetic" in the proper sense of the word. In giving equal value to sensory and mental forms, the same activity serves, initially, the enterprises of scientist and poet alike. Which has travelled, which will travel, a longer way — discursive thinking or poetic ellipsis? From that primal abyss where two blind figures, blind from birth, are groping, one equipped with all the apparatus of science, the other assisted only by flashes of intuition — which comes to the surface sooner and the more highly charged with a brief phosphorescence? How we answer this question is of no importance. All that matters is the mystery in which they both share. The high spiritual adventure of poetry need yield nothing in drama to the new vistas of modern science. Astronomers may have faced with panic the idea of an expanding universe: is not a similar expansion taking place in the moral infinite of that other universe, the universe of man? As far as the frontiers of science extend and along their whole stretched arc, we can still hear the hounds of the poet in full cry. For, if poetry is not itself, as some have claimed, "absolute reality," it is poetry which shows the strongest passion for and the keenest apprehension of it, to that extreme limit of complicity where reality seems to shape itself within the poem.

By means of analogical and symbolic thinking, by means of the far-reaching light of the mediating image and its play of correspondences, by way of a thousand chains of reactions and unusual associations, by virtue also of a language through which is transmitted the supreme rhythm of Being, the poet clothes himself in a transcendental reality to which the scientist cannot aspire. Are there, in man, any more striking dialectics, and which could bind him more? When the philosophers abandon the metaphysical threshold, it falls to the poet to take upon himself the role of metaphysician: at such times it is poetry, not philosophy, that is revealed as the true "Daughter of Wonder," to use the phrase of that ancient philosopher who mistrusted her most.

Poetry is not only a way of knowledge; it is even more a way of life — of life in its totality. A poet already dwelt within the cave man: a poet will be dwelling still within the man of the atomic age; for poetry is a fundamental part of man. Out of the poetic need, which is one of the spirit, all the religions have been born, and by the poetic grace the divine spark is kept eternally alight within the human flint. When the mythologies founder, it is in poetry that the divine finds its refuge, perhaps its relay stage. As, in the antique procession, the Bearers of bread were succeeded by the Bearers of torches, so now, in the social order and the immediacies of life it is the poetic image which rekindles the high passion of mankind in its quest for light.

What a proud privilege is ours! To march forward, bearing the burden of eternity, to march forward, bearing the burden of humanity, and led by the vision of a new humanism: of authentic universality, of psychic integrity! ... Faithful to its task, which is nothing less than to fathom the human mystery, modern poetry is pursuing an enterprise which is concerned with man in the plenitude of his being. In such a poetry there is no place for anything Pythian, or for anything purely aesthetic. It is the art neither of the embalmer nor of the decorator. It does not raise cultured pearls, does not traffic in fakes or emblems, nor would it be content to be a mere feast of music. It is intimately related to beauty, supreme alliance, but beauty is neither its goal nor its sole food. Refusing to divorce art from life or love from knowledge, it is action, it is passion, it is power, a perpetual renewal that extends the boundaries. Love is its vital flame, independence is its law, and its domain is everywhere, an anticipation. It never wishes to be absence, nor refusal.

However, it begs no favours of the times. Dedicated to its goal and free from all ideology, it knows itself to be the equal of life, which needs no self-justification. In one embrace, as in one great living strophe, it gathers to its present all the past and the future, the human and the superhuman, planetary space and total space. Its alleged obscurity is due, not to its own nature, which is to enlighten, but to the darkness which it explores, and must explore: the dark of the soul herself and the dark of the mystery which envelops human existence. It allows itself no obscurity in its terms, and these are no less rigorous than those of science.

So, by his absolute adhesion to what exists, the poet keeps us in touch with the permanence and unity of Being. And his message is one of optimism. To him, one law of harmony governs the whole world of things. Nothing can occur there which by its nature is incommensurable with man. The worst catastrophes of history are but seasonal rhythms in a vaster cycle of repetitions and renewals. The Furies who cross the stage, torches high, do but throw light upon one moment in the immense plot as it unfolds itself through time. Growing civilizations do not perish from the pangs of one autumn; they merely shed their leaves. Inertia is the only mortal danger. Poet is he who breaks for us the bonds of habit.

In this way, in spite of himself, the poet also is tied to historical events. Nothing in the drama of his times is alien to him. May he inspire in all of us a pride in being alive in this, so vital, age. For the hour is great and new for us to seize. And to whom indeed should we surrender the honour of our time? ...

"Fear not," says History, taking off her mask of violence and raising her hand in the conciliatory gesture of the Asiatic Divinity at the climax of Her dance of destruction. "Fear not, neither doubt — for doubt is impotent and fear servile. Listen, rather, to the rhythm that I, the renewer of all things, impose upon the great theme which mankind is forever engaged in composing. It is not true that life can abjure life: nothing that lives is born of nothingness, or to nothingness is wed. But nothing, either, can preserve its form and measure against the ceaseless flux of Being. The tragedy is not in the metamorphosis as such. The real drama of this century lies in the growing estrangement between the temporal and the untemporal man. Is man, enlightened on one side, to sink into darkness on the other? A forced growth in a community without communion, what would that be but a false maturity? ..."


(Continues...)

Excerpted from Collected Poems by St.-John Perse, W. H. Auden, Hugh Chisholm, Denis Devlin, T. S. Eliot, Robert Fitzgerald, Wallace Fowlie, Richard Howard, Louise Varèse. Copyright © 1983 Princeton University Press. Excerpted by permission of PRINCETON UNIVERSITY PRESS.
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