Les femmes et la tradition littéraire: Anthologie du Moyen Âge à nos jours Première partie: XIIe-XVIIIe siècles / Edition 1

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Overview

Les femmes et la tradition littéraire, a two-part anthology, offers a sweeping historical overview of women’s literature in France from the twelfth century to the present. Generously illustrated and richly annotated, it presents writers such as Hélisenne de Crenne, Gabrielle de Villeneuve, Louise Ackermann and Renée Vivien along with more familiar figures including Labé, Lafayette, Sand, Beauvoir, Colette and Duras. In addition to novels, short stories and poetry, it features fairy tales, sentimental and philosophical letters, feminist political and literary manifestos and some medieval and Renaissance selections appearing for the first time in modern French.

Les femmes et la tradition littéraire, anthologie en deux parties, offre un vaste tableau historique de la littérature féminine en France du XIIe siècle à nos jours. Enrichie de nombreuses illustrations et de commentaires critiques, elle présente des écrivaines telles que Hélisenne de Crenne, Gabrielle de Villeneuve, Louise Ackermann et Renée Vivien aussi bien que des auteurs plus connues comme Labé, Lafayette, Sand, Beauvoir, Colette et Duras. Outre des extraits de romans, des nouvelles et des poèmes, elle comprend des contes de fées, des lettres sentimentales et philosophiques, des manifestes politiques et littéraires et des textes du Moyen Âge et de la Renaissance paraissant pour la première fois en français moderne.

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Product Details

  • ISBN-13: 9780300108446
  • Publisher: Yale University Press
  • Publication date: 12/11/2005
  • Language: French
  • Series: Yale Language Series
  • Edition description: New Edition
  • Edition number: 1
  • Pages: 608
  • Product dimensions: 5.90 (w) x 9.30 (h) x 1.80 (d)

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Les Femmes et la tradition littiraire
Anthologie du Moyen Bge ' nos jours
By Vicki Mistacco
Yale University Press
Copyright © 2006 Vicki Mistacco
All right reserved.

ISBN: 978-0-300-10844-6



Chapter One
Philomhle et les soeurs de Procni

Le mythe de Philomhle et Procni hante l'imaginaire fiminin. De Marie de France au XIIe sihcle ' Marceline Desbordes-Valmore au XIXe , d'Isabelle de Charrihre au XVIIIe ' Colette et ' Monique Wittig au XXe, la littirature fiminine en France a trouvi dans ce mythe une mitaphore de la situation de la femme icrivain et une mise en schne des stratigies qu'elle emprunte pour contourner la demande patriarcale de silence. Ivoqui explicitement ou non par les icrivaines et se mitamorphosant lui-mjme au gri de nouveaux contextes culturels et des changements de mentalitis, ce mythe peut servir de fil conducteur pour aborder un ensemble de textes de femmes, production de plus de huit sihcles, timoignant d'une tradition littiraire fiminine aussi riche que tenace.

Quel est ce mythe? Parmi toutes les versions, celle d'Ovide est certainement la mieux connue et la plus influente. Voici donc l'histoire terrible des soeurs Philomhle et Procni telle qu'Ovide la raconte dans Les Mitamorphoses. La vierge Philomhle, fille de Pandion, roi d'Athhnes, est violie et emprisonnie par son beau-frhre Tirie, roi de Thrace, alors qu'il l'amhne dans son pays pour rendre visite ' Procni, ipouse que Pandion lui a accordie en reconnaissance de son aide dans une guerre contre Thhbes. Aprhs cinq ans de mariage Procni a eu envie de revoir sa soeur. <<Rejetant toute pudeur>>, Philomhle jure de se venger en divoilant le crime barbare. Qu'elle aille devant le peuple ou qu'il lui faille se faire entendre de sa prison (une bergerie au milieu d'une forjt), elle jure que <<[s]a voix sera entendue du ciel et des dieux, s'il en est qui l'habitent>>. Pris de colhre et de crainte de voir son crime exposi au grand jour, Tirie lui coupe sauvagement la langue et l'abandonne dans la bergerie, entourie de murailles et de gardes qui lui interdisent toute fuite. En rentrant, il annonce ' Procni la mort de sa sœur.

Mais, nous rappelle Ovide, <<l'inginiositi de la douleur est infinie et le malheur fait nantre l'adresse>>. Confectionnant un mitier barbare, Philomhle <<tisse ' travers ses fils blancs des lettres de pourpre qui dinoncent le crime>>, puis signifie par gestes ' une femme de porter l'itoffe ' sa mantresse Procni. Celleci parvient ' dichiffrer <<l'affreuse inscription qui lui apprend son infortune>> et, <<prjte ' violer toutes les lois du bien et du mal>>, elle midite en silence quel sera le chbtiment du tyran. Cette nuit-l', sous le couvert d'une fjte cilibrant les mysthres de Bacchus, revjtue du costume rituel et suivie de ses compagnes, elle se rend dans la forjt, dilivre Philomhle de sa prison, la recouvre des insignes de Bacchus, et l'amhne ainsi diguisie dans son palais. La vue de sa malheureuse soeur ne fait qu'augmenter sa colhre; elle se dit <<prjte ' tous les crimes>> et <<' la plus ipouvantable vengeance>>, sans encore savoir laquelle. C'est alors que survient Itys, son fils. Saisie par sa ressemblance avec son phre, elle surmonte toute velliiti maternelle, l'entranne vers un endroit cachi du palais et le tue d'un coup d'ipie. Philomhle lui tranche la gorge. Les deux soeurs diphcent alors le corps de l'enfant et, dans la chambre toute ensanglantie, en font cuire les morceaux. Puis, sous pritexte d'une cirimonie religieuse que lui seul peut cilibrer, Procni icarte les compagnons et les serviteurs de Tirie et lui sert cet horrible festin. Aprhs avoir consommi ' son insu la chair de son propre fils, le tyran commande: <<Amenez-moi Itys.>> @ quoi Procni, de joie, ripond "Tu as avec toi [...] celui que tu demandes" et Philomhle, faute de pouvoir s'exprimer par sa langue, se venge en lui jetant ' la figure la tjte sanglante d'Itys. Hors de lui, l'ipie ' la main, Tirie se lance ' la poursuite des deux soeurs qui s'ichappent, leurs corps <<"portis par des ailes>>, par quoi Ovide signale leur mitamorphose en oiseaux, Philomhle en rossignol et Procni en hirondelle. Affubli d'un heaume-ou d'une couronne?-parodique sous forme d'aigrette et d'un bec qui lui tient lieu d'ipie, Tirie, lui, est changi en huppe, oiseau rebutant dont il est dit qu'il souille son propre nid.

@ premihre vue, ce mythe angoissant de la suppression brutale de la voix fiminine et du chbtiment qui s'abat sur la femme qui se venge semble assez mal s'accorder avec l'existence d'un corpus important d'icrits de femmes. En qujte pendant des sihcles de modhles positifs dans une culture qui s'acharnait ' les leur dinier, comment les femmes icrivains auraient-elles pu s'inspirer de l'exemple de Philomhle et Procni? Ovide n'accorde en effet que trois vers au tissage astucieux de Philomhle, forme initiale d'expression de soi malgri sa langue coupie, ibauche d'un texte autobiographique, et il ne dit absolument rien du chant des femmes-oiseaux ni ne nomme les oiseaux en question, alors qu'il pricise que Tirie est mitamorphosi en huppe. De plus, il accorde plus de place au meurtre d'Itys qu'au viol de Philomhle (14 vers contre 12), bien que les deux crimes soient dicrits quasiment dans les mjmes termes. Chaque victime tend les bras ou les mains dans un geste de supplication, chacune est comparie ' un animal vulnirable aux prises avec une bjte de proie: Philomhle frissonne comme <<une agnelle ipouvantie>> devant un loup, Itys ressemble au "petit qu'une biche nourrissait de son lait" entranni par une tigresse. Mais le corps mutili de Philomhle-<<la racine de la langue s'agite au fond de la bouche; la langue elle-mjme tombe et, toute frimissante, murmure encore sur la terre noire de sang; comme fritille la queue d'un serpent mutili, elle palpite et, en mourant, elle cherche ' rejoindre le reste de la personne ' qui elle appartient>>-est finalement remplaci dans le texte et diplaci par le corps morceli d'Itys-"le souffle de la vie animait encore ses membres que dij' toutes les deux les mettaient en pihces" (nous soulignons). L'horreur de l'infanticide (<<meurtre abominable>> souligne Ovide), de la rupture de la siquence patriarcale et de la perversion de la materniti efface en quelque sorte l'horreur du viol. Le dinouement laisse pourtant intact le patriarcat: seul Tirie est puni, mais, itant un barbare de Thrace, il itait dij' une figure marginale par rapport ' la culture valorisie d'Athhnes, incarnie par Pandion, figure paternelle ligitime. Si celui-ci meurt aussittt de douleur, il est vite remplaci par un autre roi, phre lui aussi, cette fois <<de quatre fils et d'autant de filles>>. Et le cycle de la violence barbare contre l'autoriti paternelle ligitime ayant pour enjeu le corps d'une femme se riphte: l'une des filles est enlevie par le dieu du vent Borie, dont les Athiniens se mifient parce que lui aussi est un habitant de Thrace comme Tirie. @ la fin du mythe de Procni et Philomhle, deux femmes sont punies, deux femmes victimes dont Ovide souligne au contraire la culpabiliti, la violence de leur vengeance itant dipeinte comme encore plus monstrueuse que celle de Tirie.

Les femmes icrivains, pour leur part, vont dichiffrer dans ce mythe pricisiment ce qui est occulti chez Ovide: la risistance et la voix des femmes exprimies par le tissage et par le chant. Loin d'illustrer simplement le versant nigatif de l'histoire, l'itat de victime de la femme icrivain face ' la ripression patriarcale, son isolement et l'exiguoti de son champ criateur, ce mythe en vient ' suggirer dans les icrits de femmes, non seulement une longue tradition de sidition et de risistance plus ou moins camouflies, mais une ivolution positive, la libiration progressive de la voix fiminine, dilivrie ' la fin de la rifirence au patriarcat elle-mjme-rifirence au viol et au silence forci-et la constitution patiente d'un lectorat "sororal" capable de dichiffrer, de remimorer/remembrer et d'alimenter le corpus de la littirature des femmes. D'un point de vue fiministe, le mythe peut se lire positivement en termes du triomphe d'une communauti et d'une continuiti fiminines sur la ripression violente de la voix des femmes et sur les falsifications de leur histoire. La tisseuse Philomhle devient alors l'emblhme de la femme artiste transformant un art fiminin en une parole alternative et recouvrant sa voix et son pouvoir narratif. Sa communication secrhte de femme ' femme se mue enfin en un chant destini ' tous. Au cours des sihcles, certains iliments du mythe s'estomperont, tandis que d'autres, comme le vol et le chant de Philomhle-rossignol, seront valorisis. Une icrivaine comme Monique Wittig (Les Guirillhres, 1969) ira trhs loin dans sa riicriture du mythe, supprimant le viol et la broderie/tapisserie et jusqu'' la mitamorphose en oiseau, pour diplacer la mitamorphose vers les mots-la broderie deviendra un nom propre inventi, Philomhle Sarte (jeu probable sur le latin sartor, tailleur), production littiraire, comme les ailes deviendront des elles-et pour mettre en relief l'existence d'une communauti fiminine qui assure la continuiti du chant/de la parole (portis par des elles) d'une Philomhle entihre, bien corporelle et bien humaine.

Ni clef qui ouvrirait toutes les portes, ni explication totalisante, le mythe de Philomhle et Procni rassemble nianmoins certains motifs ricurrents qui expriment les rapports entre les femmes et la tradition littiraire. Ses composantes-la pudeur, la langue coupie, la ruse, le tissage, le dichiffrement, le chant du rossignol, l'envol, composantes qui parfois s'en ditachent, s'agglutinent ' d'autres mythes, ' d'autres traditions et d'autres motifs littiraires-permettront d'iclairer le statut, les conditions et quelques-unes des particularitis de l'icriture des femmes ' diffirentes ipoques historiques.

<<Rejetant toute pudeur>>

Jusqu'au XIXe sihcle et mjme au-del', parler pour une femme signifie une atteinte ' la pudeur, une forme d'exhibitionnisme. Aux yeux de la sociiti, la pudeur d'une femme manifeste son honneur et sa vertu, qualitis qui se riduisent ' son parfait respect des normes de chasteti et de fidiliti conjugale, ' sa sexualiti domptie et passie sous silence, y compris dans le cas d'un viol. C'est ainsi que le silence d'une femme en vient ' s'assimiler ' son honneur et ' sa vertu.

Le Moyen Bge, malgri l'influence inhibitrice de l'iglise et d'une culture empreinte de misogynie, fut une piriode relativement accueillante envers la parole des femmes: la puissance accordie ' la dame par l'amour courtois, le ton assuri de Marie de France, la franchise sexuelle des trobairitz (femmes troubadours, compositrices de pohmes lyriques en provengal) et leurs allusions ' une communauti de femmes pohtes, les chansons de malmariies allhgres et difiantes, les icrits confiants de femmes mystiques et, avant tout, l'engagement fiministe de Christine de Pizan et l'inorme corpus de ses icrits en attestent amplement. La proscription de la parole publique des femmes ne commencera ' se faire durement sentir qu'' la Renaissance. Au moment mjme oy l'humanisme incite les hommes ' rechercher la gloire en publiant, les livres de bonne conduite pricisent en revanche qu'une femme doit garder le silence et, au cas oy elle aurait fait des itudes, renfermer son savoir et ses talents dans le cercle privi de sa famille. Pour une femme, parler en public revient ' exhiber scandaleusement son corps. Prijugi tenace qui brimera les vocations littiraires fiminines des sihcles durant. En 1675 Hortense Mancini le rappellera dans ses Mimoires: <<Je sais que la gloire d'une femme consiste ' ne faire point parler d'elle.>> Au dibut du XIXe sihcle, l'apothiose littiraire d'une femme ' l'instar de toute une lignie d'hommes pohtes illustres, le couronnement au Capitole de la "pohte, icrivain, improvisatrice" Corinne, hiroone du roman iponyme de Germaine de Stakl (1807) et incarnation des conflits de celle-ci ' l'igard de l'icriture, devra jtre en quelque sorte rachetie-et sera ' la longue effacie-par sa <<modestie>>, sa "douceur", et sa vulnirabiliti toutes fiminines. Encore ' la fin du XIXe sihcle, la pohte Louise Ackermann assumera ce prijugi comme une chose allant de soi: <<Mon mari n'e{t pas souffert que sa femme se dicolletbt, ' plus forte raison lui e{t-il difendu de publier des vers. Icrire, pour une femme, c'est se dicolleter; seulement il est peut-jtre moins indicent de montrer ses ipaules que son coeur>> (Pensies d'une solitaire, 1882). Publier, se vendre, c'est se prostituer. Ce n'est pas un hasard si, pendant toute la Renaissance, ipoque oy cette iquivalence s'enracine dans les mentalitis, il n'y eut qu'une vingtaine de femmes icrivains publiies de leur vivant en France. Ce n'est pas non plus un hasard si, icrivant pendant cette mjme piriode, la jeune pohte lyonnaise Pernette du Guillet ne peut dissocier son voeu poitique d'un fantasme exhibitionniste: dans Iligie II (1545), son chant poitique rjvi est littiralement conjugui ' un dishabillage sous les yeux du pohte-amant. Quant ' sa contemporaine Louise Labi, elle fut traitie de vulgaire prostituie (<<plebeia meretrix>>) par Calvin et de courtisane par d'autres pour avoir publii des pohmes d'amour br{lants, pour avoir fait "saillie" (sonnet XVIII) sur la schne publique et montri <<signe d'amante>> (sonnet XIV), exhibant sans pudeur non seulement ses disirs intimes mais aussi sa mantrise de la rhitorique pitrarquiste et son savoir humaniste. Et, dans Les Angoisses douloureuses qui prochdent d'amours (1538), seul le pritexte alligui par la narratrice Hilisenne de se donner en exemple nigatif aux <<dames d'honneur>> peut excuser la peinture et la publication de ses <<amours impudiques>>, de ce qui est <<plus digne d'jtre conservi en profond silence>>, par Hilisenne de Crenne auteur. C'est pluttt la Romaine Lucrhce qui prifira le suicide devant son phre et son mari ' la honte d'avoir iti violie, et non la femme iloquente-risistante, justicihre ou vengeresse-qui est proposie en modhle par les gardiens de l'ordre du temps d'Hilisenne et mjme longtemps aprhs.

Philomhle ferait alors figure d'anti-Lucrhce: au lieu de se suicider, elle risiste ' la norme patriarcale, la difie, en voulant dinoncer publiquement, <<rejetant toute pudeur>> (comme si c'itait elle la coupable), le crime commis par Tirie contre elle. Elle sugghre ainsi un autre aspect de l'impudeur de dire et d'icrire quand on est femme. Parler pour la femme icrivain, aux yeux de la culture dominante, reviendrait ' divoiler un crime sexuel, un acte violent commis contre elle en tant que femme par une figure ou une institution patriarcale. Parler serait impudique dans la mesure aussi oy cette action met en ividence l'obsciniti du patriarcat et menace ses fondements: l'inigaliti et la domination. Voil' pourquoi un livre comme Le Deuxihme sexe (1949), riquisitoire dressi par Simone de Beauvoir contre la constitution culturelle de la femme comme l'Autre, subordonnie ' l'homme, a scandalisi des lecteurs de tous bords, de gauche comme de droite. Parmi la foule d'attaques qu'il a suscities, la riplique indignie de l'iminent icrivain Frangois Mauriac est particulihrement probante quant au rejet de l'obsciniti sur la femme qui icrit: cet ouvrage, dit-il, lui a "tout appris sur le vagin" de l'auteur.

Pendant des sihcles, la littirature des femmes a emprunti des voies plus obliques pour ne pas faire outrage ' la pudeur et s'exposer ' ce genre d'attaque; elle a porti seulement un timoignage voili sur leur sort malheureux aux mains du patriarcat. Ainsi, dans la nouvelle trente-deux de L'Heptamiron (1559), sous le couvert de la condamnation morale de l'adulthre et sous pritexte de l'exhortation chritienne ' l'humiliti et ' la pinitence, la reine Marguerite de Navarre compose un tableau effrayant de la condition fiminine ' son ipoque, peignant l'humiliation et la soumission forcie de l'ipouse d'un gentilhomme. Riduite brutalement au silence par son mari jaloux et violent, elle est condamnie-telle une nouvelle Icho pluttt qu'une Philomhle insoumise-' ripiter seulement l'humble discours <<de femme>> qu'il lui octroie; elle est tondue, dinudie par lui, pour mieux montrer qu'elle a perdu <<"l'honneur de la chasteti et de la pudiciti>> et pour retrouver ainsi son rtle traditionnel de corps-signe dans son systhme de signification ' lui.

(Continues...)



Excerpted from Les Femmes et la tradition littiraire by Vicki Mistacco Copyright © 2006 by Vicki Mistacco. Excerpted by permission.
All rights reserved. No part of this excerpt may be reproduced or reprinted without permission in writing from the publisher.
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Table of Contents

Contents
Priface....................xi
Philomhle et les soeurs de Procni....................1
Note: La critique fiministe, Philomhle et la femme icrivain....................55
Point de dipart?....................59
Simone de Beauvoir....................61
Le Deuxihme sexe....................67
La Force des choses....................71
Le Moyen Bge Marie de France....................75
Lais....................82
Prologue....................82
Guigemar....................83
Le La|stic....................106
Les Trobairitz....................109
La Comtesse de Die....................114
Castelloza....................119
Domna H....................122
La Biguine anonyme....................125
Dit de l'bme....................129
Chanson de malmariie....................132
"Pourquoi me bat mon mari ..."....................133
Christine de Pizan....................135
Poisie lyrique....................144
L'Ipntre au Dieu d'Amour....................150
Le Livre de la Mutacion de Fortune....................154
Le Livre de la Citi des Dames....................157
XVIe Sihcle Pernette du Guillet....................165
Rymes....................171
Louise Labi....................177
OEuvres de Louise Labi, Lyonnaise "Ipntre didicatoire"....................184
Sonnets....................187
Hilisenne de Crenne....................191
Les Angoisses douloureuses qui prochdent d'amours....................196
Marguerite de Navarre....................215
L'Heptamiron....................224
XVIIe Sihcle La Priciositi et les salons....................245
Madeleine deScudiry....................249
Les Femmes illustres....................256
Artamhne, ou Le Grand Cyrus....................261
Clilie, histoire romaine....................265
Marie-Madeleine de Lafayette....................268
La Princesse de Clhves....................278
Ninon de Lenclos....................292
Mots, maximes et pensies....................296
La Coquette vengie....................298
Lettres ' Saint-Ivremond....................299
Marie de Sivigni....................301
Lettres....................309
Marie-Catherine d'Aulnoy....................321
L'Oiseau bleu....................325
Catherine Bernard....................354
Riquet ' la Houppe....................360
XVIIIe Sihcle Jeanne Marie Le Prince de Beaumont....................367
La Belle et la Bjte....................373
Gabrielle de Villeneuve....................385
La Jeune Amiricaine et les Contes marins....................389
La Belle et la Bjte....................392
Frangoise de Graffigny....................408
Lettres d'une Piruvienne....................418
Isabelle de Charrihre....................440
Lettres icrites de Lausanne....................453
Documents et lectures complimentaires Julie de Lespinasse....................473
Lettres de Julie de Lespinasse au Comte de Guibert....................478
Sophie de Condorcet....................485
Lettres sur la sympathie....................489
Anne-Thirhse de Lambert....................494
Avis d'une mhre ' sa fille....................501
Riflexions nouvelles sur les femmes....................501
Olympe de Gouges....................510
Diclaration des droits de la femme et de la citoyenne....................521
Bibliographie choisie....................535
Cridits....................570
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