Flowers of Evil and Other Works: A Dual-Language Book

Flowers of Evil and Other Works: A Dual-Language Book

by Charles Baudelaire
     
 

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When Flowers of Evil was first published in 1856, the book almost immediately became the subject of an obscenity trial, and for several generations afterward its themes of eroticism, lesbianism, revolt, and decay earned the author a reputation for depravity and morbidity. It was not until 1949 that the French courts removed the ban originally imposed on

Overview

When Flowers of Evil was first published in 1856, the book almost immediately became the subject of an obscenity trial, and for several generations afterward its themes of eroticism, lesbianism, revolt, and decay earned the author a reputation for depravity and morbidity. It was not until 1949 that the French courts removed the ban originally imposed on Baudelaire's masterpiece.
Today, Flowers of Evil is regarded as the poet's greatest work and perhaps the most influential book of French poetry ever written. In assessing Baudelaire's importance in literature, Wallace Fowlie, distinguished scholar, critic, and Baudelaire specialist, describes him as "the poet and thinker of our age, of what we like to call modernity."
This handsome dual-language edition combines Flowers of Evil with a selection of the poet's other significant compositions, including prose poems from Spleen of Paris, a poignant collection reflecting Baudelaire's pessimism towards the teeming city and his compassion for its less successful inhabitants. Readers will also find critical essays on art, music, and literature, including a discussion of Edgar Allan Poe's poetry and Baudelaire's personal letters to his mother and female acquaintances. Edited and translated by Professor Fowlie, this authoritative edition contains excellent line-by-line English translations with the original French text on the facing pages.
Students of French language and literature as well as poetry lovers with some knowledge of French will welcome this volume by one of the greatest European poets of the nineteenth century.

Product Details

ISBN-13:
9780486121581
Publisher:
Dover Publications
Publication date:
03/13/2013
Series:
Dover Dual Language French
Sold by:
Barnes & Noble
Format:
NOOK Book
Pages:
304
Sales rank:
844,367
File size:
1 MB

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Flowers of Evil and Other Works Les Fleurs du Mal et Oeuvres Choisies

A Dual-Language Book


By Charles Baudelaire, Wallace Fowlie

Dover Publications, Inc.

Copyright © 1964 Bantam Books, Inc.
All rights reserved.
ISBN: 978-0-486-12158-1



CHAPTER 1

    LES FLEURS DU MAL


    AU LECTEUR

    La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
    Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
    Et nous alimentons nos aimables remords,
    Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

    Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
    Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
    Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
    Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

    Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
    Qui berce longuement notre esprit enchanté,
    Et le riche métal de notre volonté
    Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

    C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent!
    Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
    Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
    Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

    Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
    Le sein martyrisé d'une antique catin,
    Nous volons au passage un plaisir clandestin
    Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

    Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes,
    Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
    Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
    Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.

    Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
    N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
    Le canevas banal de nos piteux destins,
    C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.

    Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
    Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
    Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
    Dans la ménagerie infâme de nos vices,

    Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
    Il ferait volontiers de la terre un débris
    Et dans un bâillement avalerait le monde;

    C'est l'Ennui!—l'oeil chargé d'un pleur involontaire,
    Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
    Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
    —Hypocrite lecteur,—mon semblable,—mon frère!


    BÉNÉÉNÉDICTION

    Lorsque, par un décret des puissances, suprêmes,
    Le Poëte apparaît en ce monde ennuyé,
    Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
    Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié:

    —"Ah! que n'ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
    Plutôt que de nourrir cette dérision!
    Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
    Où mon ventre a conçu mon expiation!

    Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
    Pour être le dégoût de mon triste mari,
    Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
    Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

    Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
    Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
    Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
    Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés!"

    Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
    Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
    Elle-même prépare au fond de la Géhenne
    Les bûchers consacrés aux crimes maternels.
    Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
    L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,

    Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
    Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.
    Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
    Et s'enivre en chantant du chemin de la croix;
    Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
    Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

    Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
    Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
    Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
    Et font sur lui l'essai de leur férocité.

    Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
    Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats;
    Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
    Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

    Sa femme va criant sur les places publiques:
    "Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
    Je ferai le métier des idoles antiques,
    Et comme elles je veux me faire redorer;

    Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
    De génuflexions, de viandes et de vins,
    Pour savoir si je puis dans un coeur qui m'admire
    Usurper en riant les hommages divins!

    Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
    Je poserai sur lui ma frêle et forte main;
    Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
    Sauront jusqu'à son coeur se frayer un chemin.

    Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
    J'arracherai ce coeur tout rouge de son sein,
    Et, pour rassasier ma bête favorite,
    Je le lui jetterai par terre avec dédain!

"     Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
    Le Poëte serein léve ses bras pieux,
    Et les vastes éclairs de son esprit lucide
    Lui dérobent l'aspect des peuples furieux:
    —"Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
    Comme un divin remède à nos impuretés

    Et comme la meilleure et la plus pure essence
    Qui prépare les forts aux saintes voluptés!
    Je sais que vous gardez une place au Poëte
    Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
    Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
    Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

    Je sais que la douleur est la noblesse unique
    Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
    Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
    Imposer tous les temps et tous les univers.

    Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
    Les métaux inconnus, les perles de la mer,
    Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
    ? ce beau diadème éblouissant et clair;

    Car il ne sera fait que de pure lumière,
    Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
    Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
    Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs!"


    L'ALBATROS

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

    Le Poëte est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.


    ELÉVATION

    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins!

    Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    —Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le language des fleurs et des choses muettes!


    CORRESPONDANCES

    La Nature est un temple où de vivants piliers
    Laissent parfois sortir de confuses paroles;
    L'homme? passe à travers des forêts de symboles
    Qui l'observent avec des regards familiers.

    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

    Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
    Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
    —Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
    Ayant l'expansion des choses infinies,
    Comme l'ambre, le muse, le benjoin et l'encens,
    Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.


    LES PHARES

    Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
    Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
    Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
    Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer;

    Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
    Où les anges charmants, avec un doux souris
    Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
    Des glaciers et des pins qui ferment leur pays;

    Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
    Et d'un grand crucifix décoré seulement,
    Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
    Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement;

    Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules
    Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
    Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
    Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts;

    Colères de boxeur, impudences de faune,
    Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
    Grand coeur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
    Puget, mélancolique empereur des forçats;

    Watteau, ce carnaval où bien des coeurs illustres,
    Comme des papillons, errent en flamboyant,
    Décors frais et légers éclairés par des lustres
    Qui versent la folie à ce bal tournoyant;

    Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
    De foetus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,

    De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
    Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas;
    Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
    Ombragé par un bois de sapins toujours vert,

    Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
    Passent, comme un soupir étouffé de Weber;
    Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
    Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
    Sont un écho redit par mille labyrinthes;
    C'est pour les coeurs mortels un divin opium!

    C'est un cri répété par mille sentinelles,
    Un ordre renvoyé par mille porte-voix;
    C'est un phare allumé sur mille citadelles,
    Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois!

    Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
    Que nous puissions donner de notre dignité
    Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
    Et vient mourir au bord de votre éternité!


    L'ENNEMI

    Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
    Traversé çà et là par de brillants soleils;
    Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
    Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

    Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
    Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
    Pour rassembler à neuf les terres inondées,
    Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

    Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
    Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
    Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

    —O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
    Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
    Du sang que nous perdons croît et se fortifie!


    FLOWERS OF EVIL


    TO THE READER

    Folly, error, sin and avarice
    Occupy our minds and waste our bodies,
    And we feed our polite remorse
    As beggars feed their lice.

    Our sins are stubborn, our repentance is cowardly;
    We ask high prices for our vows,
    And we gaily return to the muddy road,
    Believing we will wash away all our spots with vile tears.

    On the pillow of evil it is Thrice-Great Satan
    Who endlessly rocks our bewitched mind,
    And the rich metal of our will
    Is vaporized by that wise chemist.

    It is the Devil who pulls the strings that move us!
    In repulsive objects we find enticing lures;
    Each day we go down one more step toward Hell,
    Without horror, through the darkness which smells rank.

    Just as a lustful pauper who kisses and bites
    The martyred breast of an aged whore,
    We steal, as we move along, a clandestine pleasure
    Which we squeeze hard like an old orange.

    Packed tight and swarming like a million maggots,
    A crowd of Demons carouse in our brains,
    And, when we breathe, Death into our lungs
    Descends, an invisible river, with heavy wailings.

    If rape, poison, the knife and arson
    Have not yet woven with their pleasing patterns
    The banal canvas of our pitiful fate,
    It is because our soul, alas, is not bold enough.

    But among the jackals, panthers, bitches,
    Monkeys, scorpions, vultures, serpents,
    The monsters squealing, yelling, grunting, crawling
    In the infamous menagerie of our vices

    There is one uglier, more wicked and more foul than all!
    Although he does not make great gestures or great cries,
    He would gladly make the earth a shambles
    And swallow the world in a yawn;

    It is boredom! his eyes weeping an involuntary tear,
    He dreams of gibbets as he smokes his hookah.
    You know him, reader, this delicate monster,
    —Hypocrite reader—my twin—my brother!


    THE BLESSING

    When, by a decree of the sovereign powers,
    The Poet comes into this bored world,
    His mother, terrified and full of blasphemy,
    Clenches her fists toward God, who has pity on her:

    "Ah, why didn't I litter a nest of vipers,
    Rather than give birth to this mockery?
    A curse on that night with its fleeting pleasures
    When my womb conceived my expiation!

    Since you chose me from among all women
    To be the disgust of my disappointed husband,
    And since I cannot throw back into the fire
    This weak monster, like a love letter,

    I will make your hate which stifles me gush forth
    On the accursed instrument of your plottings,
    And I will twist this wretched tree so far
    That its blighted buds will not grow!"

    Thus she swallows the foam of her hate,
    And, without understanding the eternal designs,
    She prepares in the pit of Hell
    The pyres consecrated to the crimes of a mother.

    Meanwhile, under the invisible care of an Angel,
    The disinherited Child is intoxicated with sunlight,
    And in all he drinks and in all he eats
    Discovers ambrosia and vermillion nectar.

    He plays with the wind, talks with the cloud,
    And singing revels in the way of the cross;
    And the Spirit following him in his pilgrimage
    Weeps at seeing him happy as a bird in the forest.

    All those he would love look at him with fear,
    Or, emboldened by his calm manner,
    Vie with one another in drawing from him a complaint
    And practice on him the experiments of their cruelty.

    In the bread and wine destined for his mouth
    They mingle ashes with filthy spittings;
    Hypocritically they throw away what he touches,
    And blame themselves for stepping where he stepped.

    His wife cries in the public places:
    "Since he finds me beautiful enough to worship,
    I will take on the profession of ancient idols,
    And like them I will cover my body with gold;

    And I will get drunk on nard, incense, myrrh,
    Genuflections, meats and wines,
    To learn if I can from an admiring heart
    Laughingly usurp the homage of the gods!

    And, when I am bored with these impious farces,
    I will lay on him my frail and strong hand;
    And my nails, like the nails of harpies,
    Will dig a path to his heart.

    Like a very young bird trembling and palpitating
    I will pull that red heart out from his breast,
    And, in order to satiate my favorite beast,
    Scornfully I will throw it to him on the ground!"

    Toward Heaven, where his eyes see a shining throne,
    The serene Poet raises his reverent arms,
    And the vast visions of his lucid mind
    Shut off from him the sight of cruel races:
    "Be blessed, my Lord, who give suffering
    As a divine remedy for our impurities

    And as the best and the purest essence
    Which prepares the strong for holy ecstasies!
    I know that you keep a place for the Poet
    In the blessed ranks of the holy legions,
    And that you invite him to the eternal feast
    Of Thrones, Virtues and Dominations.

    I know that suffering is the one nobility
    Where the earth and hell will have no effect,
    And that in order to weave my mystic crown
    All times and all worlds must be used.

    But the lost jewels of ancient Palmyra,
    The unknown metals, the pearls of the sea,
    Mounted by your hand, could not suffice
    For this handsome diadem shining and clear;

    For it will be made only of pure light,
    Drawn from the holy hearth of primal rays,
    And to which mortal eyes, in their full splendor,
    Are but tarnished and sad mirrors!"


    THE ALBATROSS

    Often, as an amusement, crewmen
    Catch albatrosses, huge birds of the sea,
    Who follow, indolent companions of the voyage,
    The ship gliding over the salty deeps.

    As soon as they have placed them on the deck,
    These kings of the sky, awkward and ashamed,
    Pitiably let their large white wings
    Drag at their sides like oars.

    This winged voyager, how gauche and weak he is!
    Once so handsome, how comic and ugly he is!
    One sailor irritates his beak with a pipestem,
    Another mimes, as he limps, the invalid who once flew!

    The Poet is like the prince of the clouds,
    Who haunts the tempest and mocks the archer;
    Exiled on the earth in the midst of derision,
    His giant wings keep him from walking.


    ELEVATION

    Above ponds, above valleys,
    Mountains, woods, clouds, seas,
    Beyond the sun, beyond the ether,
    Beyond the limits of the starry spheres,

    My spirit, you move with agility,
    And, like a good swimmer who collapses in the water,
    You gaily furrow the deep expanse
    With an unspeakable male delight.

    Fly far away from these fetid marshes;
    Purify yourself in the upper air,
    And drink, like some pure divine liqueur,
    The clear fire that fills the limpid spaces.

    Behind the boredom and endless cares
    Which burden our fogged existence with their weight,
    Happy is the man who can with vigorous wing
    Mount to those luminous serene fields!

    The man whose thoughts, like larks,
    Take liberated flight toward the morning skies
    —Who hovers over life and understands without effort
    The language of flowers and voiceless things!


    CORRESPONDENCES

    Nature is a temple where living pillars
    At times allow confused words to come forth;
    There man passes through forests of symbols
    Which observe him with familiar eyes.

    Like long echoes which in a distance are mingled
    In a dark and profound unison
    Vast as night is and light,
    Perfumes, colors and sounds answer one another.

    There are perfumes as cool as the flesh of children,
    Sweet as oboes, green as prairies
    —And others, corrupt, rich and triumphant,
    Having the expansion of infinite things,
    Like amber, musk, myrrh and incense,
    Which sing of the transports of the mind and the senses.


    BEACONS

    Rubens, river of forgetfulness, garden of idleness,
    Pillow of cool flesh where one cannot love,
    But where life abounds and writhes ceaselessly,
    Like air in the sky and the sea in the sea;

    Leonardo da Vinci, deep and dark mirror,
    Where charming angels, with a sweet smile
    Charged with mystery, appear under the shadow
    Of glaciers and pines which shut in their country;

    Rembrandt, sad hospital filled with murmurings,
    And decorated only with a large crucifix,
    Where tearful prayers are exhaled from excrement
    And abruptly crossed by a winter ray;

    Michelangelo, vague place where are seen Hercules
    Mingling with Christs, and rising upright
    Powerful phantoms which at twilight
    Rip open their shrouds when they stretch their fingers;

    Anger of the wrestler, impudence of the faun,
    You who collected the beauty of soldiers,
    Noble heart swollen with pride, weak jaundiced man,
    Puget, melancholy emperor of convicts;

    Watteau, that carnival where many illustrious hearts,
    Like moths, wander as flames catch them,
    Fresh, light decors illuminated by chandeliers
    Which pour madness over the turning dance;

    Goya, nightmare filled with unknown things,
    With foetuses which are cooked in the midst of a witch's feast,
    Of old women at a mirror and naked girls
    Adjusting their stockings to tempt the demons;
    Delacroix, lake of blood haunted by evil angels,
    Under the shadow of a green forest of firs,

    Where, under a gloomy sky, strange fanfares
    Pass, like a muffled sigh of Weber;
    These curses, blasphemies, complaints,
    These ecstasies, cries, tears, these Te Deums,
    Are an echo repeated by a thousand labyrinths;
    They are for the hearts of men a divine opium!

    It is a cry repeated by a thousand sentinels,
    An order returned by a thousand loud-speakers;
    It is a beacon lighted on a thousand citadels,
    A call of hunters lost in the deep woods!

    For it is in truth, O Lord, the best testimonial
    We can give of our dignity—
    This ardent sobbing which rolls from age to age
    And comes to die at the edge of your eternity!


    THE ENEMY

    My youth was a dark storm,
    Crossed here and there by brilliant suns;
    Thunder and rain have caused such quick ravage
    That there remain in my garden very few red fruits.

    Now I have touched the autumn of my mind,
    And I must use the spade and rakes
    To assemble again the drenched lands,
    Where the water digs holes as large as graves.

    And who knows whether the new flowers I dream of
    Will find in this soil washed like a shore
    The mystic food which would create their strength?

    —O grief! O grief! Time eats away life,
    And the dark Enemy who gnaws the heart
    Grows and thrives on the blood we lose.


(Continues...)

Excerpted from Flowers of Evil and Other Works Les Fleurs du Mal et Oeuvres Choisies by Charles Baudelaire, Wallace Fowlie. Copyright © 1964 Bantam Books, Inc.. Excerpted by permission of Dover Publications, Inc..
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