Ourika (Expanded Edition) / Edition 2

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Overview

Ourika is the story of an African girl growing up in France: based on a true story, it was a runaway bestseller following its first publication in Paris in 1823.  It is now seen as a novel of exceptional psychological penetration and intercultural interest, anticipating Fanon in several ways.  Race, class and the role of women in society are key issues it raises.  Ourika is acknowledged by John Fowles to have inspired his novel The French Lieutenant’s Woman.
 
This is a corrected and updated reprint of the 1998 second edition of this text, first published by University of Exeter Press in 1993 in the series Exeter French Texts/Textes littéraires.  It is one of the most consistently successful volumes in the series, frequently used as a teaching text on university and other courses.

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Editorial Reviews

French Studies
“Professor Little's thorough edition of this 'minor masterpiece' (John Fowles) provides a valuable guide to the author, the work's role in the slavery debate, its stylistic skill, a cautious treatment of feminist readings, and a sense of its general value as a study of an alienated individual.” –French Studies
Modern Language Review
“The combined themes of race, class and the condition of women make Ourika a work of exceptional interest. Little situates the work precisely in historical context and expertly evaluates its intrinsic literary quality.” –Modern Language Review
Modern Language Review

“The combined themes of race, class and the condition of women make Ourika a work of exceptional interest. Little situates the work precisely in historical context and expertly evaluates its intrinsic literary quality.” –Modern Language Review

French Studies

“Professor Little's thorough edition of this 'minor masterpiece' (John Fowles) provides a valuable guide to the author, the work's role in the slavery debate, its stylistic skill, a cautious treatment of feminist readings, and a sense of its general value as a study of an alienated individual.” –French Studies

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Product Details

Meet the Author

Roger Little was Professor of French (1776) at Trinity College Dublin until his retirement in 1998. He has an outstanding record of scholarship in French and francophone writing, with particular interests in sub-Saharan Africa and the Caribbean. His academic work has mainly concentrated on modern French poetry and the representation of Blacks in Francographic literature. He has edited several volumes of Textes littéraires for University of Exeter Press. The French government has conferred upon him the rank of Chevalier de l'Ordre National du Mérite and he has been awarded the Prix de l'Académie française: médaille de vermeil du rayonnement de la langue française.

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Ourika


By Roger Little

University of Exeter Press

Copyright © 1998 Roger Little
All rights reserved.
ISBN: 978-0-85989-573-6


CHAPTER 1

OURIKA.

* * *

Je fus rapportée du Sénégal, à l'âge de deux ans, par M. le chevalier de B., qui en était gouverneur. Il eut pitié de moi, un jour qu'il voyait embarquer des esclaves sur un bâtiment négrier qui allait bientôt quitter le port: ma mère était morte, et on m'emportait dans le vaisseau, malgré mes cris. M. de B. m'acheta, et, à son arrivée en France, il me donna à M.me la maréchale de B., sa tante, la personne la plus aimable de son temps, et celle qui sut réunir aux qualités les plus élevées la bonté la plus touchante.

Me sauver de l'esclavage, me choisir pour bienfaitrice M.me de B., c'était me donner deux fois la vie: je fus ingrate envers la Providence en n'étant point heureuse; et cependant le bonheur résulte-t-il toujours de ces dons de l'intelligence? Je croirais plutôt le contraire: il faut payer le bienfait de savoir par le désir d'ignorer, et la fable ne nous dit pas si Galatée trouva le bonheur après avoir reçu la vie.

Je ne sus que long-temps après l'histoire des premiers jours de mon enfance. Mes plus anciens souvenirs ne me retracent que le salon de M.me de B.; j'y passais ma vie, aimée d'elle, caressée, gâtée par tous ses amis, accablée de présens, vantée, exaltée comme l'enfant le plus spirituel et le plus aimable.

Le ton de cette société était l'engouement, mais un engouement dont le bon goût savait exclure ce qui ressemblait à l'exagération: on louait tout ce qui prêtait à la louange, on excusait tout ce qui prêtait au blâme, et souvent, par une adresse encore plus aimable, on transformait en qualités les défauts mêmes. Le succès donne du courage; on valait près de M.me de B. tout ce qu'on pouvait valoir, et peut-être un peu plus, car elle prêtait quelque chose d'elle à ses amis sans s'en douter elle-même: et, en la voyant, en l'écoutant, on croyait lui ressembler.

Vêtue à l'orientale, assise aux pieds de M.me de B., j'écoutais, sans la comprendre encore, la conversation des hommes les plus distingués de ce temps-là. Je n'avais rien de la turbulence des enfans; j'étais pensive avant de penser, j'étais heureuse à côté de M.me de B.: aimer, pour moi, c'était être là, c'était l'entendre, lui obéir, la regarder sur-tout; je ne desirais rien de plus. Je ne pouvais m'étonner de vivre au milieu du luxe, de n'être entourée que des personnes les plus spirituelles et les plus aimables; je ne connaissais pas autre chose: mais, sans le savoir, je prenais un grand dédain pour tout ce qui n'était pas ce monde où je passais ma vie. Le bon goût est à l'esprit ce qu'une oreille juste est aux sons. Encore toute enfant, le manque de goût me blessait; je le sentais avant de pouvoir le définir, et l'habitude me l'avait rendu comme nécessaire. Cette disposition eût été dangereuse si j'avais eu un avenir; mais je n'avais pas d'avenir, et je ne m'en doutais pas.

J'arrivai jusqu'à l'âge de douze ans sans avoir eu l'idée qu'on pouvait être heureuse autrement que je ne l'étais. Je n'étais pas fâchée d'être une négresse: on me disait que j'étais charmante; d'ailleurs rien ne m'avertissait que ce fût un désavantage: je ne voyais presque pas d'autres enfans; un seul était mon ami, et ma couleur noire ne l'empêchait pas de m'aimer.

Ma bienfaitrice avait deux petits-fils, enfans d'une fille qui était morte jeune. Charles, le cadet, était à peu près de mon âge. Élevé avec moi, il était mon protecteur, mon conseil et mon soutien dans toutes mes petites fautes. A sept ans, il alla au collège: je pleurai en le quittant; ce fut ma première peine. Je pensais souvent à lui, mais je ne le voyais presque plus. Il étudiait, et moi, de mon côté, j'apprenais, pour plaire à M.me de B., tout ce qui devait former une éducation parfaite. Elle voulut que j'eusse tous les talens: j'avais de la voix, les maîtres les plus habiles l'exercèrent; j'avais le goût de la peinture, et un peintre célèbre, ami de M.me de B., se chargea de diriger mes efforts; j'appris l'anglais, l'italien, et M.me de B. elle-même s'occupait de mes lectures. Elle guidait mon esprit, formait mon jugement: en causant avec elle, en découvrant tous les trésors de son ame, je sentais la mienne s'élever, et c'était l'admiration qui m'ouvrait les voies de l'intelligence. Hélas! je ne prévoyais pas que ces douces études seraient suivies de jours si amers: je ne pensais qu'à plaire à M.me de B.; un sourire d'approbation sur ses lèvres était tout mon avenir.

Cependant des lectures multipliées, celle des poètes sur-tout, commençaient à occuper ma jeune imagination; mais sans but, sans projet, je promenais au hasard mes pensées errantes, et, avec la confiance de mon jeune âge, je me disais que M.me de B. saurait bien me rendre heureuse: sa tendresse pour moi, la vie que je menais, tout prolongeait mon erreur et autorisait mon aveuglement. Je vais vous donner un exemple des soins et des préférences dont j'étais l'objet.

Vous aurez peut-être de la peine à croire, en me voyant aujourd'hui, que j'aie été citée pour l'élégance et la beauté de ma taille. M.me de B. vantait souvent ce qu'elle appelait ma grâce, et elle avait voulu que je susse parfaitement danser. Pour faire briller ce talent, ma bienfaitrice donna un bal dont ses petits-fils furent le prétexte, mais dont le véritable motif était de me montrer fort à mon avantage dans un quadrille des quatre parties du monde où je devais représenter l'Afrique. On consulta les voyageurs, on feuilleta les livres de costumes, on lut des ouvrages savans sur la musique africaine, enfin on choisit une Comba, danse nationale de mon pays. Mon danseur mit un crêpe sur son visage: hélas! je n'eus pas besoin d'en mettre sur le mien; mais je ne fis pas alors cette réflexion: toute entière au plaisir du bal, je dansais la comba, et j'eus tout le succès qu'on pouvait attendre de la nouveauté du spectacle et du choix des spectateurs, dont la plupart, amis de M.me de B., s'enthousiasmaient pour moi, et croyaient lui faire plaisir en se laissant aller à toute la vivacité de ce sentiment. La danse d'ailleurs était piquante; elle se composait d'un mélange d'attitudes et de pas mesurés; on y peignait l'amour, la douleur, le triomphe et le désespoir. Je ne connaissais encore aucun de ces mouvemens violens de l'ame; mais je ne sais quel instinct me les faisait deviner; enfin je réussis. On m'applaudit, on m'entoura, on m'accabla d'éloges: ce plaisir fut sans mélange; rien ne troublait alors ma sécurité. Ce fut peu de jours après ce bal qu'une conversation, que j'entendis par hasard, ouvrit mes yeux et finit ma jeunesse.

Il y avait dans le salon de M.me de B. un grand paravent de laque. Ce paravent cachait une porte; mais il s'étendait aussi près d'une des fenêtres, et entre le paravent et la fenêtre, se trouvait une table où je dessinais quelquefois. Un jour, je finissais avec application une miniature: absorbée par mon travail, j'étais restée long-temps immobile, et sans doute M.me de B. me croyait sortie, lorsqu'on annonça une de ses amies, la marquise de.... C'était une personne d'une raison brusque, d'un esprit tranchant, positive jusqu'à la sécheresse; elle portait ce caractère dans l'amitié: les sacrifices ne lui coûtaient rien pour le bien et pour l'avantage de ses amis; mais elle leur faisait payer cher ce grand attachement. Inquisitive et difficile, son exigence égalait son dévouement, et elle était la moins aimable des amies de M.me de B. Je la craignais, quoiqu'elle fût bonne pour moi; mais elle l'était à sa manière: examiner, et même assez sévèrement, était pour elle un signe d'intérêt. Hélas! j'étais si accoutumée à la bienveillance, que la justice me semblait toujours redoutable. « Pendant que nous sommes seules, dit M.me de.... à M.me de B., je veux vous parler d'Ourika: elle devient charmante, son esprit est tout-à-fait formé, elle causera comme vous, elle est pleine de talens, elle est piquante, naturelle; mais que deviendra-t-elle? et enfin qu'en ferez-vous? — Hélas! dit M.me de B., cette pensée m'occupe souvent, et, je vous l'avoue, toujours avec tristesse: je l'aime comme si elle était ma fille; je ferais tout pour la rendre heureuse; et cependant, lorsque je réfléchis à sa positionne la trouve sans remède. Pauvre Ourika! je la vois seule, pour toujours seule dans la vie!»

Il me serait impossible de vous peindre l'effet que produisit en moi ce peu de paroles; l'éclair n'est pas plus prompt: je vis tout, je me vis négresse, dépendante, méprisée, sans fortune, sans appui, sans un être de mon espèce à qui unir mon sort, jusqu'ici un jouet, un amusement pour ma bienfaitrice, bientôt rejetée d'un monde où je n'étais pas faite pour être admise. Une affreuse palpitation me saisit, mes yeux s'obscurcirent, le battement de mon cœur m'ôta un instant la faculté d'écouter encore; enfin je me remis assez pour entendre la suite de cette conversation.

« Je crains, disait M.me de...., que vous ne la rendiez malheureuse. Que voulez-vous qui la satisfasse, maintenant qu'elle a passé sa vie dans l'intimité de votre société? — Mais elle y restera, dit M.me de B. — Oui, reprit M.me de...., tant qu'elle est un enfant: mais elle a quinze ans. A qui la marierez-vous, avec l'esprit qu'elle a et l'éducation que vous lui avez donnée? Qui voudra jamais épouser une négresse? Et si, à force d'argent, vous trouvez quelqu'un qui consente à avoir des enfans nègres, ce sera un homme d'une condition inférieure, et avec qui elle se trouvera malheureuse. Elle ne peut vouloir que de ceux qui ne voudront pas d'elle. — Tout cela est vrai, dit M.me de B.; mais heureusement elle ne s'en doute point encore, et elle a pour moi un attachement qui, j'espère, la préservera long-temps de juger sa position. Pour la rendre heureuse, il eût fallu en faire une personne commune: je crois sincèrement que cela était impossible. Eh bien! peut-être sera-t-elle assez distinguée pour se placer au-dessus de son sort, n'ayant pu rester au-dessous. — Vous vous faites des chimères, dit M.me de....: la philosophie nous place au-dessus des maux de la fortune; mais elle ne peut rien contre les maux qui viennent d'avoir brisé l'ordre de la nature. Ourika n'a pas rempli sa destinée: elle s'est placée dans la société sans sa permission; la société se vengera. — Assurément, dit M.me de B., elle est bien innocente de ce crime: mais vous êtes sévère pour cette pauvre enfant. — Je lui veux plus de bien que vous, reprit M.me de....; je desire son bonheur, et vous la perdez.» M.me de B. répondit avec impatience, et j'allais être la cause d'une querelle entre les deux amies, quand on annonça une visite: je me glissai derrière le paravent; je m'échappai; je courus dans ma chambre, où un déluge de larmes soulagea un instant mon pauvre cœur.

C'était un grand changement dans ma vie, que la perte de ce prestige qui m'avait environnée jusqu'alors! Il y a des illusions qui sont comme la lumière du jour; quand on les perd, tout disparaît avec elles. Dans la confusion des nouvelles idées qui m'assaillaient, je ne retrouvais plus rien de ce qui m'avait occupée jusqu'alors: c'était un abîme avec toutes ses terreurs. Ce mépris dont je me voyais poursuivie; cette société où j'étais déplacée; cet homme qui, à prix d'argent, consentirait peut-être que ses enfans fussent nègres! toutes ces pensées s'élevaient successivement comme des fantômes et s'attachaient sur moi comme des furies: l'isolement sur-tout; cette conviction que j'étais seule, pour toujours seule dans la vie, M.me de B. l'avait dit; et à chaque instant je me répétais, seule! pour toujours seule! La veille encore, que m'importait d'être seule? je n'en savais rien; je ne le sentais pas; j'avais besoin de ce que j'aimais, je ne songeais pas que ce que j'aimais n'avait pas besoin de moi. Mais à présent, mes yeux étaient ouverts, et le malheur avait déjà fait entrer la défiance dans mon ame.

Quand je revins chez M.me de B., tout le monde fut frappé de mon changement; on me questionna: je dis que j'étais malade; on le crut. M.me de B. envoya chercher Barthez, qui m'examina avec soin, me tâta le pouls, et dit brusquement que je n'avais rien. M.me de B. se rassura, et essaya de me distraire et de m'amuser. Je n'ose dire combien j'étais ingrate pour ces soins de ma bienfaitrice; mon ame s'était comme resserrée en elle-même. Les bienfaits qui sont doux à recevoir, sont ceux dont le cœur s'acquitte: le mien était rempli d'un sentiment trop amer pour se répandre au dehors. Des combinaisons infinies, les mêmes pensées occupaient tout mon temps; elles se reproduisaient sous mille formes différentes: mon imagination leur prêtait les couleurs les plus sombres; souvent mes nuits entières se passaient à pleurer. J'épuisais ma pitié sur moi-même; ma figure me faisait horreur, je n'osais plus me regarder dans une glace; lorsque mes yeux se portaient sur mes mains noires, je croyais voir celles d'un singe; je m'exagérais ma laideur, et cette couleur me paraissait comme le signe de ma réprobation; c'est elle qui me séparait de tous les êtres de mon espèce, qui me condamnait à être seule, toujours seule! jamais aimée! Un homme, à prix d'argent, consentirait peut-être que ses enfans fussent nègres! Tout mon sang se soulevait d'indignation à cette pensée. J'eus un moment l'idée de demander à M.me de B. de me renvoyer dans mon pays; mais là encore j'aurais été isolée: qui m'aurait entendue, qui m'aurait comprise! Hélas! je n'appartenais plus à personne; j'étais étrangère à la race humaine toute entière!

Ce n'est que bien long-temps après que je compris la possibilité de me résigner à un tel sort. M.me de B. n'était point dévote; je devais à un prêtre respectable, qui m'avait instruite pour ma première communion, ce que j'avais de sentimens religieux. Ils étaient sincères comme tout mon caractère; mais je ne savais pas que, pouf être profitable, la piété a besoin d'être mêlée à toutes les actions de la vie: la mienne avait occupé quelques instans de mes journées; mais elle était demeurée étrangère à tout le reste. Mon confesseur était un saint vieillard, peu soupçonneux; je le voyais deux ou trois fois par an, et, comme je n'imaginais pas que des chagrins fussent des fautes, je ne lui parlais pas de mes peines. Elles altéraient sensiblement ma santé; mais, chose étrange! elles perfectionnaient mon esprit. Un sage d'Orient a dit: «Celui qui n'a pas souffert, que sait-il?» Je vis que je ne savais rien avant mon malheur; mes impressions étaient toutes des sentimens; je ne jugeais pas, j'aimais: les discours, les actions, les personnes plaisaient ou déplaisaient à mon cœur. A présent, mon esprit s'était séparé de ces mouvemens involontaires: le chagrin est comme l'éloignement, il fait juger l'ensemble des objets. Depuis que je me sentais étrangère à tout, j'étais devenue plus difficile, et j'examinais, en le critiquant, presque tout ce qui m'avait plu jusqu'alors.

Cette disposition ne pouvait échapper à M.me de B.; je n'ai jamais su si elle en devina la cause. Elle craignait peut-être d'exalter ma peine en me permettant de la lui confier: mais elle me montrait encore plus de bonté que de coutume; elle me parlait avec un entier abandon, et, pour me distraire de mes chagrins, elle m'occupait de ceux qu'elle avait ellemême. Elle jugeait bien mon cœur; je ne pouvais en effet me rattacher à la vie que par l'idée d'être nécessaire ou du moins utile à ma bienfaitrice. La pensée qui me poursuivait le plus, c'est que j'étais isolée sur la terre, et que je pouvais mourir sans laisser de regrets dans le cœur de personne. J'étais injuste pour M.me de B.; elle m'aimait, elle me l'avait assez prouvé: mais elle avait des intérêts qui passaient bien avant moi. Je n'enviais pas sa tendresse à ses petits-fils, sur-tout à Charles; mais j'aurais voulu dire comme eux: Ma mère!

Les liens de famille sur-tout me faisaient faire des retours bien douloureux sur moi-même, moi qui jamais ne devais être la sœur, la femme, la mère de personne! Je me figurais dans ces liens plus de douceur qu'ils n'en ont peut-être, et je négligeais ceux qui m'étaient permis, parce que je ne pouvais atteindre à ceux-là. Je n'avais point d'amie, personne n'avait ma confiance: ce que j'avais pour M.me de B. était plutôt un culte qu'une affection; mais je crois que je sentais pour Charles tout ce qu'on éprouve pour un frère.


(Continues...)

Excerpted from Ourika by Roger Little. Copyright © 1998 Roger Little. Excerpted by permission of University of Exeter Press.
All rights reserved. No part of this excerpt may be reproduced or reprinted without permission in writing from the publisher.
Excerpts are provided by Dial-A-Book Inc. solely for the personal use of visitors to this web site.

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