Great French Tales of Fantasy/Contes fantastiques célèbres: A Dual-Language Book

Great French Tales of Fantasy/Contes fantastiques célèbres: A Dual-Language Book

by Stanley Appelbaum (Editor)

Paperback(Bilingual)

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Overview

These six riveting fantasy classics from the golden age of the French short story will keep you glued to your chair. Drawn from the genre's outstanding nineteenth-century writers, they range from the Romantic era to the rise of the Symbolists and Decadents. Presented chronologically by date of publication, they include Charles Nodier's "Trilby; or, The Elf of Argyll," Théophile Gautier's "The Amorous Dead Woman," "The Venus of Ille" by Prosper Mérimée, Villiers de l'Isle-Adam's "Second Sight," and two tales by Guy de Maupassant, "A Divorce Case" and "Who Knows?"
This dual-language book features accurate new English translations on pages facing the original French, an informative introduction, and explanatory footnotes. It opens a door for students of French language and literature—well as any other lover of fantasy—to explore the world of the eerie and unknown.

Product Details

ISBN-13: 9780486447131
Publisher: Dover Publications
Publication date: 06/23/2006
Series: Dover Dual Language French Series
Edition description: Bilingual
Pages: 272
Sales rank: 889,930
Product dimensions: 5.37(w) x 8.50(h) x (d)

Read an Excerpt

Great French Tales of Fantasy Contes fantastiques célèbres

A Dual-Language Book


By STANLEY APPELBAUM

Dover Publications, Inc.

Copyright © 2006 Dover Publications, Inc.
All rights reserved.
ISBN: 978-0-486-12171-0



CHAPTER 1

Charles Nodier

Trilby; ou, le lutin d'Argail

Il n'y a personne parmi vous, mes chers amis, qui n'ait entendu parler des drows de Thulé et des elfs ou lutins familiers de l'Écosse, et qui ne sache qu'il y a peu de maisons rustiques dans ces contrées qui ne comptent un follet parmi leurs hôtes. C'est d'ailleurs un démon plus malicieux que méchant et plus espiègle que malicieux, quelquefois bizarre et mutin, souvent doux et serviable, qui a toutes les bonnes qualités et tous les défauts d'un enfant mal élevé. Il fréquente rarement la demeure des grands et les fermes opulentes qui réunissent un grand nombre de serviteurs; un destination plus modeste lie sa vie mystérieuse à la cabane du pâtre ou du bûcheron. Là, mille fois plus joyeux que les brillants parasites de la fortune, il se joue à contrarier les vieilles femmes qui médisent de lui dans leurs veillées, ou à troubler de rêves incompréhensibles, mais gracieux, le sommeil des jeunes filles. Il se plaît particulièrement dans les étables, et il aime à traire pendant la nuit les vaches et les chèvres du hameau, afin de jouir de la douce surprise des bergères matinales, quand elles arrivent dès le point du jour, et ne peuvent comprendre par quelle merveille les jattes rangées avec ordre regorgent de si bonne heure d'un lait écumeux et appétissant; ou bien il caracole sur les chevaux qui hennissent de joie, roule dans ses doigts les longs anneaux de leurs crins flottants, lustre leur croupe polie, ou lave d'une eau pure comme le cristal leurs jambes fines et nerveuses. Pendant l'hiver, il préfère à tout les environs de l'âtre domestique et les pans couverts de suie de la cheminée, où il fait son habitation dans les fentes de la muraille, à côté de la cellule harmonieuse du grillon. Combien de fois n'a-t-on pas vu Trilby, le joli lutin de la chaumière de Dougal, sautiller sur le rebord des pierres calcinées avec son petit tartan de feu et son plaid ondoyant couleur de fumée, en essayant de saisir au passage les étincelles qui jaillissaient des tisons et qui montaient en gerbe brillante au-dessus du foyer! Trilby était le plus jeune, le plus galant, le plus mignon des follets. Vous auriez parcouru l'Écosse entière, depuis l'embouchure du Solway jusqu'au détroit de Pentland, sans en trouver un seul qui pût lui disputer l'avantage de l'esprit et de la gentillesse. On ne racontait de lui que des choses aimables et des caprices ingénieux. Les châtelaines d'Argail et de Lennox en étaient si éprises que plusieurs d'entre elles se mouraient du regret de ne pas posséder dans leurs palais le lutin qui avait enchanté leurs songes, et le vieux laird de Lutha aurait sacrifié, pour pouvoir l'offrir à sa noble épouse, jusqu'au claymore rouillé d'Archibald, ornement gothique de sa salle d'armes; mais Trilby se souciait peu du claymore d'Archibald, et des palais et des châtelaines. Il n'eût pas abandonné la chaumière de Dougal pour l'empire du monde, car il était amoureux de la brune Jeannie, l'agaçante batelière du lac Beau, et il profitait de temps en temps de l'absence du pêcheur pour raconter à Jeannie les sentiments qu'elle lui avait inspirés. Quand Jeannie, de retour du lac, avait vu s'égarer au loin, s'enfoncer dans une anse profonde, se cacher derrière un cap avancé, pâlir dans les brumes de l'eau et du ciel la lumière errante du bateau voyageur qui portait son mari et les espérances d'une pêche heureuse, elle regardait encore du seuil de la maison, puis rentrait en soupirant, attisait les charbons à demi blanchis par la cendre, et faisait pirouetter son fuseau de cytise en fredonnant le cantique de saint Dunstan, ou la ballade du revenant d'Aberfoïl, et dès que ses paupières, appesanties par le sommeil, commençaient à voiler ses yeux fatigués, Trilby, qu'enhardissait l'assoupissement de sa bienaimée, sautait légèrement de son trou, bondissait avec une joie d'enfant dans les flammes, en faisant sauter autour de lui un nuage de paillettes de feu, se rapprochait plus timide de la fileuse endormie, et quelquefois, rassuré par le souffle égal qui s'exhalait de ses lèvres à intervalles mesurés, s'avançait, reculait, revenait encore, s'élançait jusqu'à ses genoux en les effleurant comme un papillon de nuit du battement muet de ses ailes invisibles, allait caresser sa joue, se rouler dans les boucles de ses cheveux, se suspendre, sans y peser, aux anneaux d'or de ses oreilles, ou se reposer sur son sein en murmurant d'une voix plus douce que le soupir de l'air à peine ému quand il meurt sur une feuille de tremble:

«Jeannie, ma belle Jeannie, écoute un moment l'amant qui t'aime et qui pleure de t'aimer, parce que tu ne réponds pas à sa tendresse. Prends pitié de Trilby, du pauvre Trilby. Je suis le follet de la chaumière. C'est moi, Jeannie, ma belle Jeannie, qui soigne le mouton que tu chéris, et qui donne à sa laine un poli qui le dispute à la soie et à l'argent. C'est moi qui supporte le poids de tes rames pour l'épargner à tes bras, et qui repousse au loin l'onde qu'elles ont à peine touchée. C'est moi qui soutiens ta barque lorsqu'elle se penche sous l'effort du vent, et qui la fais cingler contre la marée comme sur une pente facile. Les poissons bleus du lac Long et du lac Beau, ceux qui font jouer aux rayons du soleil sous les eaux basses de la rade les saphirs de leur dos éblouissant, c'est moi qui les ai apportés des mers lointaines du Japon, pour réjouir les jeux de la première fille que tu mettras au monde, et que tu verras s'élancer à demi de tes bras en suivant leurs mouvements agiles et les reflets variés de leurs écailles brillantes. Les fleurs que tu t'étonnes de trouver le matin sur ton passage dans la plus triste saison de l'année, c'est moi qui vais les dérober pour toi à des campagnes enchantées dont tu ne soupçonnes pas l'existence, et où j'habiterais, si je l'avais voulu, de riantes demeures, sur des lits de mousse veloutée que la neige ne couvre jamais, ou dans le calice embaumé d'une rose qui ne se flétrit que pour faire place à des roses plus belles. Quand tu respires une touffe de thym enlevée au rocher, et que tu sens tout à coup tes lèvres surprises d'un mouvement subit, comme l'essor d'une abeille qui s'envole, c'est un baiser que je te ravis en passant. Les songes qui te plaisent le mieux, ceux dans lesquels tu vois un enfant qui te caresse avec tant d'amour, moi seul je te les envoie, et je suis l'enfant dont tes lèvres pressent les lèvres enflammées dans ces doux prestiges de la nuit. Oh! réalise le bonheur de nos rêves! Jeannie, ma belle Jeannie, enchantement délicieux de mes pensées, objet de souci et d'espérance, de trouble et de ravissement, prends pitié du pauvre Trilby, aime un peu le follet de la chaumière!»

Jeannie aimait les jeux du follet, et ses flatteries caressantes, et les rêves innocemment voluptueux qu'il lui apportait dans le sommeil. Longtemps elle avait pris plaisir à cette illusion sans en faire confidence à Dougal, et cependant la physionomie si douce et la voix si plaintive de l'esprit du foyer se retraçaient souvent à sa pensée, dans cet espace indécis entre le repos et le réveil où le coeur se rappelle malgré lui les impressions qu'il s'est efforcé d'éviter pendant le jour. Il lui semblait voir Trilby se glisser dans les replis de ses rideaux, ou l'entendre gémir et pleurer sur son oreiller. Quelquefois même, elle avait cru sentir le pressement d'une main agitée, l'ardeur d'une bouche brûlante. Elle se plaignit enfin à Dougal de l'opiniâtreté du démon qui l'aimait et qui n'était pas inconnu au pêcheur lui-même, car ce rusé rival avait cent fois enchaîné son hameçon ou lié les mailles de son filet aux herbes insidieuses du lac. Dougal l'avait vu au-devant de son bateau, sous l'apparence d'un poisson énorme, séduire d'une indolence trompeuse l'attente de sa pêche nocturne, et puis plonger, disparaître, effleurer le lac sous la forme d'une mouche ou d'une phalène, et se perdre sur le rivage avec le Hope-Clover dans les moissons profondes de la luzerne. C'est ainsi que Trilby égarait Dougal, et prolongeait longtemps son absence.

Pendant que Jeannie, assise à l'angle du foyer, racontait à son mari les séductions du follet malicieux, qu'on se représente la colère de Trilby, et son inquiétude, et ses terreurs! Les tisons lançaient des flammes blanches qui dansaient sur eux sans les toucher; les charbons étincelaient de petites aigrettes pétillantes, le farfadet se roulait dans une cendre enflammée et la faisait voler autour de lui en tourbillons ardents.


Charles Nodier

Trilby; or, The Elf of Argyll

There is no one among you, my dear friends, who has never heard tell of the drows of Thule and of the elves or household brownies of Scotland, or who is unaware that there are few rural houses in those regions which fail to include a goblin among their guests. It must be said that he's a demon more mischievous than malevolent, and more playful than mischievous, at times eccentric and willful, often gentle and helpful, with all the good qualities and all the faults of a spoiled child. He rarely frequents the dwelling of magnates and the wealthy farms that employ a grand number of servants; a more modest vocation links his mysterious life to the hut of the shepherd or woodcutter. There, a thousand times happier than the showy parasites of fortune, he amuses himself by playing tricks on the old women who speak badly of him during their evening gatherings, or by disturbing the slumbers of young girls with incomprehensible but charming dreams. He's especially at home in stables and barns, and he enjoys milking the hamlet's cows and goats at night, in order to enjoy the sweet surprise of the early-rising milkmaids when they arrive at the break of day and are unable to understand by what miracle the carefully aligned bowls brim over at that early hour with a foaming, appetizing milk; or else he caracoles on the horses, which whinny with joy, as he rolls the long curls of their floating manes around his fingers, polishes their shiny cruppers, or washes their thin, sinewy legs with water as pure as crystal. During the winter, he prefers above all else the neighborhood of the domestic hearth and the soot-covered sides of the fireplace, where he makes his home in the cracks in the wall, beside the harmonious snuggery of the cricket. How many times has Trilby, the pretty elf of Dougal's cottage, been seen hopping on the edge of the charred stones with his little fiery-red tartan and his billowing smoke-colored plaid, trying to seize as he passes them the sparks that were flying from the brands and rising above the hearth in a bright shower! Trilby was the youngest, most elegant, most dainty of brownies. You could have traversed all of Scotland, from the Solway Firth to the Pentland Firth, without finding a single one who could rival him in wit and gentility. Only pleasant things and ingenious whims were told of him. The ladies of the manors of Argyll and Lennox were so taken with him that several of them were dying of regret because they didn't possess in their palaces the elf who had enchanted their dreams; and the aged laird of Luss, to be able to make a present of him to his noble wife, would even have sacrificed the rusty claymore of Archibald, that Gothic ornament of his armory; but Trilby was uninterested in the claymore of Archibald, and in the palaces and the great ladies. He wouldn't have abandoned Dougal's cottage for the chance to rule the world, because he was in love with dark Jeanie, the fetching ferry-woman of Loch Fyne, and from time to time he would take advantage of the fisherman's absence to tell Jeanie about the feelings she had aroused in him. When Jeanie, returning from the lake, had seen the wandering lamp of the roving boat which carried her husband (and his hopes for a good catch) entering a deep cove, hiding behind a protruding headland, and growing pale in the mists of water and sky, she would keep on looking from the threshold of her house, then would go inside with a sigh, stir up the coals that were half-whitened by the ashes, and make her laburnum-wood spindle pirouette while she hummed the canticle of Saint Dunstan, or the ballad of the ghost at Aberfoyle; and as soon as her eyelids, made heavy by sleep, began to veil her weary eyes, Trilby, emboldened by his beloved's drowsiness, would lightly hop out of his hole, leap with childish joy into the flames, making a cloud of fiery spangles jump up around him, approach the sleeping spinner more timidly, and sometimes, reassured by the even breathing exhaled from her lips at regular intervals, he would move forward, retreat, return, and dash all the way to her knees, brushing them like a night moth with the silent beating of his invisible wings; he'd go up to caress her cheek, roll around in the curls of her hair, suspend himself weightlessly from the gold rings in her ears, or rest on her bosom, while murmuring in a voice softer than the sigh of the barely stirring breeze when it dies away on an aspen leaf:

"Jeanie, my lovely Jeanie, listen for one moment to the lover who loves you and who weeps from love for you, because you make no response to his affection. Take pity on Trilby, poor Trilby. I am the brownie of your cottage. It is I, Jeanie, my lovely Jeanie, who take care of the sheep that you adore, and who give its wool a sheen that rivals silk and silver. It is I who support the weight of your oars to spare your arms, and who drive into the distance the water they have barely touched. It is I who uphold your boat when it inclines beneath the effort of the wind, and who make it whip against the tide as if on a gentle slope. The blue fish in Loch Long and Loch Fyne, those which make the sapphires of their dazzling backs shine in the sunbeams beneath the shallow waters of the boat harbor—it's I who brought them from the distant seas of Japan to delight the eyes of the first daughter you will give birth to, whom you'll see half darting out of your arms as she follows their nimble movements and the varied reflections on their shiny scales. The flowers that you are surprised to find beside your path in the morning during the dreariest season of the year—it's I who go and purloin them for you from enchanted countrysides whose existence you don't even suspect, and where I'd be dwelling, if I had so wished, in pleasant homes, on beds of velvety moss that are never covered by snow, or in the fragrant calyx of a rose which withers only to make place for more beautiful roses. When you smell a sprig of thyme snatched from the boulder, and you all at once feel your lips surprised by a sudden movement, like the spurt of a bee that's flying away, it's a kiss that I steal from you as I go by. The dreams you like the most, those in which you see a child caressing you so lovingly—I alone send them to you, and I am the child whose burning lips your lips press in those sweet nocturnal visions. Oh, make the happiness of our dreams come true, Jeanie, my lovely Jeanie, delightful enchantment of my thoughts, object of my cares and hopes, of my distress and ecstasy, take pity on poor Trilby, and show some love for the brownie of the cottage!"

Jeanie was fond of the brownie's games, and his caressing flattery, and the innocently erotic dreams he brought her in her sleep. For some time she had taken pleasure in that illusion without disclosing it to Dougal, and yet those very gentle features and that very plaintive voice of the household spirit often came back to her mind during that uncertain interval between slumber and wakefulness when one's heart, despite itself, recalls the impressions it has striven to avoid during the day. She seemed to see Trilby sliding into the folds of her curtains, or to hear him moaning and weeping on her pillow. At times she had even thought she felt the pressure of an agitated hand, the heat of burning lips. Finally she complained to Dougal of the obstinacy of the demon who loved her, and who was not unknown to the fisherman himself, for that crafty rival had a hundred times entangled his hook or tied the meshes of his net to the insidious weeds in the lake. Dougal had seen him preceding his boat, in the guise of an enormous fish, leading him with deceptive indolence to expect his nighttime haul, only to submerge, disappear, and skim over the lake in the form of a fly or moth, losing himself on shore with the "hope clover" in the tall plantings of alfalfa. It was in that way that Trilby used to lead Dougal astray, extending his absence from home by long stretches.

While Jeanie, seated at the corner of the hearth, was reporting to her husband the blandishments of the mischievous brownie, just imagine how angry Trilby was, how worried and terrified! The brands spurted forth white flames, which danced over them without touching them; the coals sparkled with little crackling plumes; the sprite was rolling in kindled ashes, making them fly all around him in burning eddies.


(Continues...)

Excerpted from Great French Tales of Fantasy Contes fantastiques célèbres by STANLEY APPELBAUM. Copyright © 2006 Dover Publications, Inc.. Excerpted by permission of Dover Publications, Inc..
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Table of Contents

Introduction
Charles Nodier (1780-1844)
Trilby; or, The Elf of Argyll [1822]
Théophile Gautier (1811-1872)
The Amorous Dead Woman [1836]
Prosper Mérimée (1803-1870)
The Venus of Ille [1837]
Villiers de l'Isle-Adam (1838-1889)
Second Sight [1867]
Guy de Maupassant (1850-1893)
A Divorce Case [1886]
Who Knows? [1890]
Appendix: The Prefaces to "Trilby"

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