Pleasures and Days and

Pleasures and Days and "Memory" / Les Plaisirs et les Jours et "Souvenir" Short Stories by Marcel Proust: A Dual-Language Book

by Marcel Proust, Edward H Ousselin

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Overview

Set amid the salon society of fin-de-siècle Paris, these captivating tales offer satirical and moving depictions of metropolitan life. Proust's stunning debut chronicles the lives, loves, manners, and motivations of a fascinating cast of characters. These philosophical reflections, brief narratives, and prose poems established the 22-year-old author as a remarkable collector of exquisitely poignant sensations and recollections.
Appropriate for intermediate-level students of French, this dual-language volume is equally suited to classroom use and to independent study. New English translations appear on pages facing the original French text. Readers will find this volume a fascinating introduction to the works of a key figure of French literature as well as a valuable aid to mastering one of the world's most enchanting languages.

Product Details

ISBN-13: 9780486316680
Publisher: Dover Publications
Publication date: 09/18/2013
Series: Dover Dual Language French
Sold by: Barnes & Noble
Format: NOOK Book
Pages: 352
File size: 759 KB

About the Author


Marcel Proust (1871–1922) published his first book, Les Plaisirs et les Jours, in 1896, under the patronage of Anatole France. He is best known for his six-volume, 4,000-page novel, À la recherche du temps perdu, written and published over a 14-year period.
Edward Ousselin, Professor of Modern and Classical Languages at Western Washington University, is the author of The Invention of Europe in French Literature and Film.

Date of Birth:

July 10, 1871

Date of Death:

November 18, 1922

Place of Birth:

Auteuil, near Paris, France

Place of Death:

Paris, France

Read an Excerpt

Pleasures and Days and "Memory" Les Plaisirs et les Jours et "Souvenir"

A DUAL-LANGUAGE BOOK


By Marcel Proust, Edward Ousselin

Dover Publications, Inc.

Copyright © 2014 Edward Ousselin
All rights reserved.
ISBN: 978-0-486-31668-0



CHAPTER 1

À MON AMI WILLIE HEATH MORT À PARIS LE 3 OCTOBRE 1893

« Du sein de Dieu où tu reposes ... révèle-moi ces vérités qui dominent la mort, empêchent de la craindre et la font presque aimer. » RENAN


Les anciens Grecs apportaient à leurs morts des gâteaux, du lait et du vin. Séduits par une illusion plus raffinée, sinon plus sage, nous leur offrons des fleurs et des livres. Si je vous donne celui-ci, c'est d'abord parce que c'est un livre d'images. Malgré les « légendes », il sera, sinon lu, au moins regardé par tous les admirateurs de la grande artiste qui m'a fait avec simplicité ce cadeau magnifique, celle dont on pourrait dire, selon le mot de Dumas, « que c'est elle qui a créé le plus de roses après Dieu ». M. Robert de Montesquiou aussi l'a célébrée, dans des vers inédits encore, avec cette ingénieuse gravité, cette éloquence sentencieuse et subtile, cet ordre rigoureux qui parfois chez lui rappellent le XVIIe siècle. Il lui dit, en parlant des fleurs :

« Poser pour vos pinceaux les engage à fleurir.

Vous êtes leur Vigée et vous êtes la Flore Qui les immortalise, où l'autre fait mourir ! »

Ses admirateurs sont une élite, et ils sont une foule. J'ai voulu qu'ils voient à la première page le nom de celui qu'ils n'ont pas eu le temps de connaître et qu'ils auraient admiré. Moi-même, cher ami, je vous ai connu bien peu de temps. C'est au Bois que je vous retrouvais souvent le matin, m'ayant aperçu et m'attendant sous les arbres, debout, mais reposé, semblable à un de ces seigneurs qu'a peints Van Dyck et dont vous aviez l'élégance pensive. Leur élégance, en effet, comme la vôtre, réside moins dans les vêtements que dans le corps, et leur corps lui-même semble l'avoir reçue et continuer sans cesse à la recevoir de leur âme : c'est une élégance morale. Tout d'ailleurs contribuait à accentuer cette mélancolique ressemblance, jusqu'à ce fond de feuillages à l'ombre desquels Van Dyck a souvent arrêté la promenade d'un roi ; comme tant d'entre ceux qui furent ses modèles, vous deviez bientôt mourir, et dans vos yeux comme dans les leurs, on voyait alterner les ombres du pressentiment et la douce lumière de la résignation. Mais si la grâce de votre fierté appartenait de droit à l'art d'un Van Dyck, vous releviez plutôt du Vinci par la mystérieuse intensité de votre vie spirituelle. Souvent le doigt levé, les yeux impénétrables et souriants en face de l'énigme que vous taisiez, vous m'êtes apparu comme le saint Jean-Baptiste de Léonard. Nous formions alors le rêve, presque le projet, de vivre de plus en plus l'un avec l'autre, dans un cercle de femmes et d'hommes magnanimes et choisis, assez loin de la bêtise, du vice et de la méchanceté pour nous sentir à l'abri de leurs flèches vulgaires.

Votre vie, telle que vous la vouliez, serait une de ces œuvres à qui il faut une haute inspiration. Comme de la foi et du génie, nous pouvons la recevoir de l'amour. Mais c'était la mort qui devait vous la donner. En elle aussi et même en ses approches résident des forces cachées, des aides secrètes, une « grâce » qui n'est pas dans la vie. Comme les amants quand ils commencent à aimer, comme les poètes dans le temps où ils chantent, les malades se sentent plus près de leur âme. La vie est chose dure qui serre de trop près, perpétuellement nous fait mal à l'âme. À sentir ses liens un moment se relâcher, on peut éprouver de clairvoyantes douceurs. Quand j'étais tout enfant, le sort d'aucun personnage de l'histoire sainte ne me semblait aussi misérable que celui de Noé, à cause du déluge qui le tint enfermé dans l'arche pendant quarante jours. Plus tard, je fus souvent malade, et pendant de longs jours je dus rester aussi dans l'« arche ». Je compris alors que jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l'arche, malgré qu'elle fût close et qu'il fît nuit sur la terre. Quand commença ma convalescence, ma mère, qui ne m'avait pas quitté, et, la nuit même restait auprès de moi, « ouvrit la porte de l'arche » et sortit. Pourtant comme la colombe « elle revint encore ce soir-là ». Puis je fus tout à fait guéri, et comme la colombe « elle ne revint plus ». Il fallut recommencer à vivre, à se détourner de soi, à entendre des paroles plus dures que celles de ma mère ; bien plus, les siennes, si perpétuellement douces jusque-là, n'étaient plus les mêmes, mais empreintes de la sévérité de la vie et du devoir qu'elle devait m'apprendre. Douce colombe du déluge, en vous voyant partir comment penser que le patriarche n'ait pas senti quelque tristesse se mêler à la joie du monde renaissant ? Douceur de la suspension de vivre, de la vraie « Trêve de Dieu » qui interrompt les travaux, les désirs mauvais, « Grâce » de la maladie qui nous rapproche des réalités d'au-delà de la mort et ses grâces aussi, grâces de « ces vains ornements et ces voiles qui pèsent », des cheveux qu'une importune main « a pris soin d'assembler », suaves fidélités d'une mère et d'un ami qui si souvent nous sont apparus comme le visage même de notre tristesse ou comme le geste de la protection implorée par notre faiblesse, et qui s'arrêteront au seuil de la convalescence, souvent j'ai souffert de vous sentir si loin de moi, vous toutes, descendance exilée de la colombe de l'arche. Et qui même n'a connu de ces moments, cher Willie, où il voudrait être où vous êtes. On prend tant d'engagements envers la vie qu'il vient une heure où, découragé de pouvoir jamais les tenir tous, on se tourne vers les tombes, on appelle la mort, « la mort qui vient en aide aux destinées qui ont peine à s'accomplir ». Mais si elle nous délie des engagements que nous avons pris envers la vie, elle ne peut nous délier de ceux que nous avons pris envers nous-même, et du premier surtout, qui est de vivre pour valoir et mériter.

Plus grave qu'aucun de nous, vous étiez aussi plus enfant qu'aucun, non pas seulement par la pureté du cœur, mais par une gaieté candide et délicieuse. Charles de Grancey avait le don que je lui enviais de pouvoir, avec des souvenirs de collège, réveiller brusquement ce rire qui ne s'endormait jamais bien longtemps, et que nous n'entendrons plus.

Si quelques-unes de ces pages ont été écrites à vingt-trois ans, bien d'autres (Violante, presque tous les Fragments de Comédie italienne, etc.) datent de ma vingtième année. Toutes ne sont que la vaine écume d'une vie agitée, mais qui maintenant se calme. Puisse-t-elle être un jour assez limpide pour que les Muses daignent s'y mirer et qu'on voie courir à la surface le reflet de leurs sourires et de leurs danses.

Je vous donne ce livre. Vous êtes, hélas ! le seul de mes amis dont il n'ait pas à redouter les critiques. J'ai au moins la confiance que nulle part la liberté du ton ne vous y eût choqué. Je n'ai jamais peint l'immoralité que chez des êtres d'une conscience délicate. Aussi, trop faibles pour vouloir le bien, trop nobles pour jouir pleinement dans le mal, ne connaissant que la souffrance, je n'ai pu parler d'eux qu'avec une pitié trop sincère pour qu'elle ne purifiât pas ces petits essais. Que l'ami véritable, le Maître illustre et bien-aimé qui leur ont ajouté, l'un la poésie de sa musique, l'autre la musique de son incomparable poésie, que M. Darlu aussi, le grand philosophe dont la parole inspirée, plus sûre de durer qu'un écrit, a, en moi comme en tant d'autres, engendré la pensée, me pardonnent d'avoir réservé pour vous ce gage dernier d'affection, se souvenant qu'aucun vivant, si grand soit-il ou si cher, ne doit être honoré qu'après un mort.

Juillet 1894.

TO MY FRIEND WILLIE HEATH WHO DIED IN PARIS ON OCTOBER 3, 1893

From the bosom of God where you rest ... reveal to me those truths that prevail over death, prevent us from fearing it, and almost make us love it.

(Ernest Renan, The Life of Jesus)

The ancient Greeks brought cakes, milk, and wine to their dead. Seduced by a more refined, if not wiser, illusion, we give them flowers and books. If I am giving you this one it is because it is, first of all, a picture book. In spite of the "captions," it will be, if not read, at least looked at by all the admirers of the great artist who has, in all simplicity, given me this magnificent gift. Of this artist, one could say, to quote Alexandre Dumas, "that it is she who has created the most roses, after God." In a poem yet to be published, Monsieur Robert de Montesquiou has also sung her praises, with that clever solemnity, that sententious and subtle eloquence, that rigorous order, which in his verse sometimes recalls the seventeenth century. Referring to flowers, he told her:

Posing for your paintbrushes commits them to bloom.

You are their Vigée and you are the Flora

Who immortalizes them, while the other one kills!

Her admirers are an elite, and they are a legion. I wanted them to see on the first page the name of the man whom they did not have the time to get to know and whom they would have admired. I myself, dear friend, knew you for a very short time. It was at the Bois de Boulogne that I would often meet you in the morning; you had seen me and were waiting for me under the trees, standing, but rested, similar to one of those lords who were painted by Van Dyck, and whose pensive elegance you shared. Indeed, their elegance, like yours, lies less in clothing than in the body, and their body itself seems to have received it—and ceaselessly to continue to receive it— from their soul: it is a moral elegance. Moreover, everything contributed to accentuating that melancholic resemblance, including the leafy background in the shade of which Van Dyck often interrupted a king's stroll; like so many of those who were his models, you would soon have to die, and in your eyes as in theirs, one could see the shadows of premonition alternating with the soft light of resignation. But if the gracefulness of your pride belonged by rights to Van Dyck's art, you were in fact closer to Da Vinci through the mysterious intensity of your spiritual life. Often, with your finger raised, your eyes, impenetrable and smiling, in front of the enigma you kept silent, you appeared to me to be Leonardo's St. John the Baptist. At the time, we shared the dream, almost the project, of living together more and more, within a social circle of magnanimous and select women and men, sufficiently far away from stupidity, vice, and malice to feel sheltered from their vulgar barbs.

Your life, the way you wanted it, would be one of those works that requires an elevated inspiration. As from faith and genius, we can receive it from love. But it was death that would give it to you. In death also, and even in its approach, there reside hidden forces, secret aids, a "grace" that is not found in life. Like lovers when they start to love, like poets at the time they sing, those who are sick feel closer to their soul. Life is a hard thing that squeezes too tightly, that perpetually wounds our soul. Upon feeling those bonds loosen for a moment, one can experience clear-sighted sweetness. When I was a small child, no other Biblical character's fate seemed to me as miserable as Noah's, because of the Flood that kept him cooped up in the ark for forty days. Later, I was often sick, and I, too, had to spend long days in the "ark." I then understood that Noah never could see the world as well as from the ark, even though it was enclosed and night had fallen over the earth. When my convalescence started, my mother, who had not left me, and who even stayed by my bedside at night, "opened the door of the ark" and left. However, like the dove, "she came back that evening." Then I was fully cured, and like the dove "she did not come back again." I had to start living again, to turn away from myself, to hear harsher words than those of my mother; furthermore, her words, so perpetually gentle up to that point, were no longer the same; they were marked with the severity of life and of duty, which she had to teach me. Gentle dove of the Flood, upon seeing you leave, how could one not think that the patriarch Noah felt some sadness blend with the joy of a world being reborn? Sweetness of the suspension of life, of the real "Truce of God" that interrupts work and evil desires; "Grace" of sickness that brings us closer to the realities beyond death—and its graces, too, graces of "those vain ornaments and those heavy veils," of the hair that an intrusive hand "has taken care to gather"; gentle faithfulness of a mother and a friend who so often appeared to us as the very face of our sadness, or like the protective gesture implored by our weakness, and which will end at the threshold of our convalescence, I have often suffered from feeling you to be so far away from me, all of you exiled descendants of the dove of the ark. And truly, who has not known such moments, dear Willie, when he wanted to be where you are? We make so many commitments toward life that there comes a time when, despairing of ever being able to fulfill them all, we turn toward the grave, we call for death, "death that comes to the aid of the destinies that must struggle to be fulfilled." But while death may release us from the commitments we made toward life, it cannot release us from those we have made toward ourselves, and especially not from the first commitment, which is to live in order to be worthy and deserving.

More serious than any of us, you were also the most childlike, not only through purity of heart, but through a candid and delightful cheerfulness. Charles de Grancey had a gift I envied him; with anecdotes from our school days, he could suddenly awaken that laughter, which was never asleep for very long, and which we will never hear again.

While some of these pages were written at the age of twenty-three, several others ("Violante," almost all the "Fragments of Italian Comedy," etc.) are from my twentieth year. They are all merely the vain foam of a restless life, which is now calming down. May it one day be clear enough that the Muses will deign to gaze into it and that the reflections of their smiles and dances will be visible on its surface.

I give you this book. You are, alas, the only one of my friends whose criticism it need not fear. At least, I am confident that nowhere in it would you have been shocked by the liberty of its tone. I have only depicted immorality among people with a delicate conscience. I have therefore been able to speak about them only with a pity too sincere not to purify these little essays, as they are too weak to want goodness, too noble to find full enjoyment in evil, knowing only suffering. May the true friend, may the illustrious and beloved Master, who gave them, respectively, the poetry of his music and the music of his incomparable poetry, may also Monsieur Darlu, the great philosopher whose inspired words, more assured of lasting than a text, have stimulated my mind and so many others, may they forgive me for having reserved for you this last token of affection, and may they remember that any living person, no matter how great or how dear, should only be honored after the dead.

July 1894


(Continues...)

Excerpted from Pleasures and Days and "Memory" Les Plaisirs et les Jours et "Souvenir" by Marcel Proust, Edward Ousselin. Copyright © 2014 Edward Ousselin. Excerpted by permission of Dover Publications, Inc..
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Table of Contents

Contents

Introduction,
À mon ami Willie Heath / To My Friend Willie Heath,
La Mort de Baldassare Silvande, Vicomte de Sylvanie / The Death of Baldassare,
Silvande, Viscount of Sylvania,
Violante, ou la mondanité / Violante, or High Society,
Fragments de comédie italienne / Fragments of Italian Comedy,
Mondanité et mélomanie de Bouvard et Pécuchet / The Social and Musical Lives of,
Bouvard and Pécuchet,
Mélancolique villégiature de Madame de Breyves / The Melancholy Vacation of Madame,
de Breyves,
La Confession d'une jeune fille / A Young Girl's Confession,
Un Dîner en ville / A High Society Dinner,
Les Regrets: Rêveries couleur du temps / Regrets: Daydreams in the Color of Time,
La Fin de la jalousie / The End of Jealousy,
Souvenir / Memory,
Notes,

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