6 potes pour toujours

6 potes pour toujours

by Sophie Laroche

NOOK Book(eBook)

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Overview

C’est la fin de la première année d’études supérieures pour les six potes, aujourd’hui éparpillés aux quatre coins de la France, et ailleurs. Quand leur amitié a commencé, ils étaient à peine adolescents. C’était au collège, c’était il y a plusieurs années... Aux souvenirs d’hier ont succédé des envies et des préoccupations qu’ils n’auraient jamais soupçonnées. Pourtant, tous ont répondu présent pour passer le week-end ensemble, à Boulogne-sur-Mer, comme avant. Tous, ou presque…
 

Product Details

ISBN-13: 9782016254523
Publisher: Hachette Romans
Publication date: 08/30/2017
Series: 6 potes
Sold by: Hachette Digital, Inc.
Format: NOOK Book
File size: 2 MB
Age Range: 15 Years

About the Author

Sophie Laroche est née en 1970 à Calais. Elle a fait des études de journalisme à Paris et travaillé pour la presse écrite. De 2004 à 2006, elle s’installe avec sa famille en Allemagne, où elle se lance dans l’écriture, réalisant son rêve de jeunesse. Aujourd’hui, elle écrit encore quelques piges mais consacre l’essentiel de son temps à l’écriture de romans et aux rencontres avec les jeunes lecteurs. Elle vit avec son mari et ses trois enfants en région parisienne.

Read an Excerpt

CHAPTER 1

Louis

Vendredi 20 avril, le soir

Et les autres filles, perfides petites saintes, M'auraient tondu les cheveux à une autre époque.

Celles qui ont l'habitude qu'on les cajole Ignorent la solitude que rien ne console.

Bénabar Je suis de celles

Sans doute aurait-il pu – aurait-il dû – louper son train pour elle. C'est seulement une fois installé que Louis y songe. (Toujours le siège près de la vitre.) L'interpeller, lui proposer d'aller boire un verre. Les cafés sont nombreux autour de la gare de Lille-Flandres. Il serait rentré par le train suivant.

Certes, mais il serait arrivé tard, et cela aurait stressé sa mère, déjà remontée comme une pendule par la réception prévue demain midi. Mme Blondel a cinquante ans. Et cinquante invités pour l'occasion. Que des plats faits maison, même les pâtes à tarte. La mère de Louis vit dans un autre monde, son fils l'a compris depuis longtemps. Et c'est comme cela qu'il l'aime.

De toute façon, ce train est le dernier qui va jusqu'à Boulogne-sur-Mer, lui semble-t-il. S'il ne l'avait pas eu, Louis aurait dû passer la nuit à Lille.

Océane a changé. Voilà ce que le jeune homme a pensé quand il l'a aperçue. Le pas alerte, elle traversaitle hall de la gare vers la station de métro. Apparemment, elle ne rentrait pas ce week-end.

La jeune fille semblait plus jolie, plus sereine. Plus à sa place: voilà, c'est ça, précisément. Océane a toujours été séduisante. Ses formes voluptueuses mais harmonieuses (traduisez en langage mec: elle n'est pas grosse, elle est juste appétissante) ont fait tourner plus d'une tête. Jamais très longtemps. Océane ne laissait pas un garçon affamé traîner devant la vitrine, elle l'invitait toujours à entrer.

Louis lui-même ...

La tête collée contre la vitre du train, l'étudiant se remémore malgré lui cette première fois. Lui aussi a abandonné sa virginité entre les bras d'Océane. Un premier rapport hâtif, un chaud après-midi d'août, dans la chambre de la jeune fille. Océane était expérimentée et ses compétences ont ravi le jeune amant. Au moment de partir, il a bien noté son hésitation. Attendait-elle quelque chose? Le début d'une relation? Il a joué celui qui ne comprenait pas, a quand même lancé:

— On se revoit bientôt au lycée!

Et l'a soigneusement évitée à la rentrée. Dieu merci, Océane ne s'est pas vantée. Comment auraient réagi ses potes s'ils avaient su cela?

Beverly l'aurait assommé de questions pratiques.

Mazo lui aurait fait la leçon sur cette pauvre fille abusée.

Léa aurait rétorqué qu'elle était chaque fois consentante.

Alie l'aurait charrié: « Un beau gosse comme toi, tu fais tes premiers pas d'homme dans une chaussure usagée! » Voilà bien le genre de vanne dont elle était capable, Alie ... Et Solal? À l'époque, leur copain ne s'intéressait pas encore au sexe. Il faut dire ... c'était il y a une éternité. C'était il y a presque quatre ans. C'était avant.

Et merde, un passager vient de pren

« Bienvenue à bord de notre TGV 7277 à destination de Boulogne- Ville. Il desservira la gare de Calais-Fréthun. Arrivée prévue à Boulogne-Ville à 20 h 23. »

dre place à côté de lui. Louis aime voyager seul. Coup d'œil faussement coupable à son sac, balancé en montant à bord dans le porte-bagages au- dessus de son siège. L'étudiant avait prévu de travailler pendant le voyage, il y renonce: il ne va quand même pas déranger son voisin pour prendre ses cours. Depuis qu'il a intégré sa prépa éco, il étudie très sérieusement. Pas autant que la plupart des no life qui constituent sa classe, mais beaucoup quand même. Il vise l'EDHEC et s'en donne les moyens. Pas de doute, il a changé.

Solal, au secours, je pense comme un vieux!

En classe de première S, Louis voulait tenter le concours de l'École vétérinaire. Pas qu'il soit particulièrement attendri par les petits chiens à leur mémère ou attiré par l'insémination des vaches, non. Il avait un grand projet, il allait développer carrément un nouveau concept: vétérinaire esthétique. L'ambitieux lycéen en était persuadé, il y avait beaucoup d'argent à se faire. Il suffisait pour cela d'aller s'installer dans les quartiers huppés de la capitale, ou à Nice. Larguer Boulogne-sur-Mer pour Paris ou la Côte d'Azur, ça ne le dérangeait pas. Même son père, très attaché à son entreprise de salaison, l'y poussait.

Puis il avait changé d'avis. Ou, plus exactement, Beverly l'avait fait changer d'avis.

*
— Tu vas vraiment faire toute ta vie un métier qui t'intéresse pas juste pour gagner beaucoup d'argent?

— Ben ouais ...

— Mais Louis ... Comment dire ... (Beverly rougit.) Il y a déjà beaucoup d'argent dans ta famille, non? Ce n'est pas comme si tu rêvais de conduire une BMW ou de découvrir l'île Maurice.

*
Louis avait réfléchi. Certes, il n'avait pas envie d'avoir toute sa vie les doigts imprégnés d'une odeur tenace de poisson, mais il se sentait, comme son père, la bosse du commerce. Il avait finalement demandé plusieurs prépas éco, sa mère avait espéré qu'il intègre un lycée aussi parisien que prestigieux, mais APB avait tranché: c'était Lille et c'était très bien comme ça.

— Si seulement tu avais accepté d'aller passer ton bac à la Providence! avait maugréé sa mère. Venant d'un lycée privé élitiste, tu aurais vu plus de portes s'ouvrir.

Cependant, elle-même était peu convaincue par ses propos. Garder son oisillon un an de plus dans son nid avait été appréciable.

— Et comment j'aurais fait si j'avais été à la Pro l'an dernier? marmonne Louis à voix basse.

Son voisin lui adresse un regard interrogateur. Louis l'ignore: Océane revient squatter ses pensées. A-t-elle changé de comportement avec les mecs? Est-elle en couple?

En classe de première, Louis a enfin eu sa première histoire sérieuse. Vraiment sérieuse. Celle qui mêlait à la fois sentiment et sexualité. Avant, il y avait juste eu cet étrange épisode avec Louna, la copine de Mazo. Puis l'après-midi chez Océane. Avec Salomé, tout avait été différent. Elle était dans la même classe de première S que Louis et Beverly, et avait d'abord sympathisé avec cette dernière. Sans le savoir, Salomé avait ainsi marqué des points auprès de Louis. Trop souvent, son amie Beverly était vite étiquetée par ceux qui la rencontraient. Cela se jouait entre deux catégories: l'intello limite autiste qui doit son peu de vie sociale à sa bande ou la plouc boulonnaise qui l'annonce dès son prénom. Souvent, on la mettait dans les deux catégories, on enviait son QI en méprisant le quartier populaire où elle habitait, et on s'en écartait.

Salomé, elle, avait très simplement tissé des liens avec Beverly. Elle avait su l'apprivoiser. Et Louis avait regardé autrement cette altermondialiste engagée qui militait pour les baleines, les vélos, le quinoa cultivé en France et Mélenchon. Tout ce que Louis exécrait.

Un sourire nostalgique se dessine sur le visage du voyageur.

Quel bonheur, quelle fierté Beverly avait eus à présenter sa nouvelle copine aux autres! Pour une fois, c'était elle qui avait rencontré quelqu'un. Et quelle personnalité! Louis s'en souvient, avec Alie ils avaient même échangé des regards suspicieux et hésitants: est-ce que Bev' serait du genre à ... tu vois quoi ... à préférer les filles? Leur amie était en effet complètement excitée. Mais non, ce n'était qu'une histoire d'amitié. Une fois les présentations faites, Salomé les retrouvait tous de temps en temps, entre deux causes à défendre. Et les deux filles se voyaient parfois seules, ou en tout cas sans la bande, en dehors des heures de cours.

C'était normal, Beverly n'était pas la seule à « vivre sa vie », c'était ça aussi, le lycée. Ça ne remettait rien en cause.

Très naturellement, les six potes continuaient à se retrouver au Cornet d'amour, leur antre secret. (Peut-être qu'ils avaient un peu honte d'avouer qu'ils traînaient dans un salon de thé? se questionne Louis. Il se rassure très vite: ils ont toujours assumé les banquettes en skaï craquelées et les serveuses sexagénaires. Et adoré l'idée que c'était chez eux.)

Et, tout aussi naturellement, ils avaient élargi leurs fréquentations. Léa se régalait en discutant littérature avec ses camarades de L. Alie désespérait que le lycée Mariette ne propose que musique ou arts plastiques comme option dans cette section, quand elle aurait aimé suivre des cours de cinéma.

— C'est pas que j'aurais aimé, c'est que j'en aurais carrément eu besoin! se plaignait-elle souvent. Je vais pas devenir actrice en malaxant de la glaise ou en faisant des collages.

Mais la future star des petits et grands écrans (il fallait accepter de gravir les échelons, reconnaissait-elle humblement ...) avait un plan pour sa carrière: elle suivait des cours de théâtre deux fois par semaine et postulait en cachette pour des castings. Et, un jour enfin, sa carrière démarra. En tout cas, c'est ce qu'elle leur annonça:

— Je vais faire des essais à Paris! Ils cherchent une jeune fille pour un téléfilm.

*
— C'est génial! se réjouit Mazo. C'est avec qui?

— Aliénor Stelandre! s'exclame Solal.

Et Louis s'esclaffe.

— C'est où, ce casting? Et c'est quand? Et tu y vas comment? mitraille Beverly.

Les questions pratiques, c'est sa spécialité.

— Le 13 février, l'informe Alie.

— Mais c'est ... (calcul rapide qui n'étonne même pas ses amis ...) un jeudi! On a cours. Tes parents vont te laisser manquer?

— Non ...

— Alors qu'est-ce que tu vas faire?

— Je vais sécher.

Cinq paires d'yeux dépités se posent sur la future actrice.

— Alie, tu peux pas sécher, lui rappelle délicatement Léa. T'es sûre de te faire prendre. Je te rappelle que ton père est prof au bahut! Si tu manques un cours, il le saura forcément.

— Alors il faut que je lui dise, et que je lui fasse croire que c'est pour un truc tellement honteux qu'aucun de ses collègues n'osera lui en parler.

— Genre quoi? demande Louis, intrigué.

— Genre ... je sais pas, moi. Que je suis convoquée au commissariat pour conduite sans permis.

— Mais là, il voudra venir! commente Léa.

— Il devra venir, même, insiste Beverly. Les mineurs sont accompagnés, je le sais ... Mon cousin Dylan a été arrêté une fois.

— Pas faux, reconnaît Alie, qui ne renonce pas: Je vais bien trouver un truc!

*
Finalement, il avait été décidé de ménager les parents d'Alie: elle leur avait fait croire qu'elle avait attrapé des poux à cause de son dernier petit copain. Elle se grattait tellement qu'ils y avaient cru et avaient décidé de la dispenser d'un jour de cours pour éviter que les bestioles et la honte ne se propagent. Pour ne pas ébruiter l'affaire, son père avait prévenu lui-même ses collègues que sa fille serait absente: elle était souffrante-point-à-la-ligne.

La journée avait été un fiasco. Non seulement Alie avait loupé son train de retour et s'était fait prendre par ses vieux, mais en plus elle avait refusé le rôle. Pas assez de texte, avait-elle regretté.

Il faut dire qu'en fait de rôle ... il s'agissait d'interpréter un cadavre trouvé par la police sur une dune! Le casting était organisé par l'émission Enquêtes criminelles. Le seul talent d'acteur requis consistait à retenir sa respiration quand on zoomerait sur la poitrine dénudée, et les recruteurs s'étaient dit qu'une bonne nageuse saurait faire ça. De plus, le meurtre en question s'était déroulé au Portel, c'est là qu'ils tourneraient, et Alie était de la région.

Avait-elle bloqué sur le côté local? Ou par superstition: un cadavre comme premier rôle n'était peut-être pas de bon augure?

— C'était pourtant un vrai rôle de décomposition! avait insisté Louis à son retour.

Son amie avait répondu en lui donnant un coup d'épaule. Comme toujours. Puis elle avait ajouté:

— N'empêche que non seulement j'ai déjà passé un casting, mais en plus j'ai refusé le rôle principal. Tu connais beaucoup d'actrices qui peuvent en dire autant à seize ans?

C'était ça, Alie: une vision positive du monde!

Comment en est-il arrivé à cet épisode? se demande Louis en laissant glisser son doigt sur la vitre humide. Ah oui, Océane, Salomé, et Alie qui décidément tenait toujours le devant de la scène. Sans s'en rendre compte, il dessine un S majuscule sur la vitre.

Louis a vraiment craqué sur Salomé. Même si son univers était complètement étranger à celui de la jeune fille. Il lui a épargné ses plans drague bien lourds, n'a mis en avant ni sa belle gueule, ni son nouvel iPhone pour la séduire. Il a attendu, patiemment, peureusement, qu'elle s'intéresse à lui. Si patiemment, si peureusement d'ailleurs que rien ne se serait passé si Beverly n'avait pas accéléré les choses. (Oui, même Beverly avait noté que Louis avait un faible pour Salomé. À cause de la modification de sa fréquence cardiaque en présence de la fille, c'est ce qu'elle affirmera plus tard: elle voulait déjà faire médecine.) Ces trois-là, en première S, croulaient sous le travail et n'avaient donc pas de temps à perdre. Là encore, c'était un raisonnement beverliesque. Un midi, donc, elle déjeuna à la cantine seule avec Salomé, lui affirma que Louis était amoureux d'elle et proposa à la jeune fille, si elle aussi souhaitait tenter l'aventure, d'en informer son copain de longue date.

— Tu sais, je le connais depuis six ans, ça ne me gênera pas de parler de ça avec lui!

— Louis? Mais on est à des années-lumière l'un de l'autre! Il incarne tout ce que je combats, s'était presque étouffée Salomé.

Avant de poursuivre sur un ton professoral:

— Et puis, Beverly, ça marche pas comme ça! Ce genre de plan, « je fais savoir par ma copine que tu me plais », c'était bon, je sais pas, moi ... quand on était en quatrième.

— J'peux pas te dire, rétorqua Beverly très sérieusement. Je ne m'intéressais pas du tout à ça au collège. Louis ne m'a rien demandé. Je voulais juste vous aider, mais fais comme tu veux.

Puis elle prit une grande inspiration avant de préciser quand même:

— Enfin ... si vraiment il ne te plaît pas du tout, dis-lui. Louis est mon ami, et ça me ferait mal au cœur qu'il rêve de trucs pas réalisables.

Salomé a raconté à Louis cette conversation quelques semaines plus tard. Ils formaient un joli coupledepuis que Salomé avait subitement fait tomber ses frontières idéologiques. Louis, en retour, s'était engagé à ne plus manger de foie gras ni de volailles élevées en batterie et à choisir une voiture hybride le jour où son père lui en offrirait une.

— Je te jure que ce sont ses mots exacts, a insisté la belle brune, blottie dans ses bras.

— Oh, mais je te crois! a affirmé Louis en souriant.

À partir de là, l'année de première a changé de couleur. Bien entendu, il y avait les cours, le TPE à préparer, l'oral de français à répéter et la planète à sauver. Mais Louis et Salomé partageaient tout.

— Tu sais que t'es pathétique quand t'es amoureux! le charriait Alie.

La jolie blonde traversait une période d'incertitude sentimentale. Certes, elle était encore avec Benjamin, mais le jeune homme quitterait Boulogne en juin prochain et Alie commençait à s'inquiéter: et s'il parvenait à se passer d'elle?

— Il ne parle que de ces foutues écoles d'ingénieurs qu'il veut intégrer, se plaignait-elle souvent.

— C'est normal, lui répondait Beverly.

— Toi aussi, t'as des ambitions, la réconfortait Mazo.

— C'est vrai, reconnaissait Alie.

Elle se rassurait alors en affirmant que c'était elle qui le quitterait: elle ne pouvait pas entamer sa carrière déjà en couple, ou alors elle n'atteindrait jamais Hollywood. Ou même déjà les studios de la Plaine Saint-Denis.

Ces deux-là se sont effectivement séparés ... mais pour d'autres motifs, sourit Louis. Lui n'a rien vu venir. Salomé l'avait rendu égoïste. Non, pas égoïste, il est trop dur avec lui-même. Disons qu'il s'est surtout concentré sur leur couple. Les potes étaient toujours là, bien sûr! Mais lui était moins disponible.

Ainsi, c'est Mazo qui a soutenu Léa quand son père a complètement pété les boulons en février de leur année de première. Un mardi soir, Léa a débarqué à la maison qu'il partageait à Audresselles avec sa nouvelle femme, ses deux filles à elle et leur fils à eux, pour découvrir que son père s'était fait la malle.

Comme ça. Du jour au lendemain.

— Ce salaud m'a dit que le bébé et les deux petites, c'était trop! Qu'il avait plus l'âge pour ça! a balancé sa fraîche ex-belle-mère à Léa.

(Continues…)



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