My Uncle Jules and Other Stories/Mon oncle Jules et autres contes: A Dual-Language Book

My Uncle Jules and Other Stories/Mon oncle Jules et autres contes: A Dual-Language Book

Paperback(Bilingual: English/French)

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Product Details

ISBN-13: 9780486457536
Publisher: Dover Publications
Publication date: 03/15/2007
Series: Dover Dual Language French Series
Edition description: Bilingual: English/French
Pages: 224
Sales rank: 1,171,399
Product dimensions: 5.50(w) x 8.50(h) x (d)

About the Author

Guy de Maupassant (1850-1893) was a prolific French writer best remembered as a master of the short story and a father of the genre. He delighted in clever plotting and served as a model for later short story practitioners through favorites such as "The Necklace," "The Horla," "The False Gems," and "Useless Beauty." Maupassant wrote some 300 short stories, as well as six novels, three travel books, and one volume of verse.

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My Uncle Jules and Other Stories Mon oncle Jules et autres contes

A Dual-Language Book


By Guy de Maupassant, STANLEY APPELBAUM

Dover Publications, Inc.

Copyright © 2007 Dover Publications, Inc.
All rights reserved.
ISBN: 978-0-486-12066-9



CHAPTER 1

Sur l'eau

J'avais loué, l'été dernier, une petite maison de campagne au bord de la Seine, à plusieurs lieues de Paris, et j'allais y coucher tous les soirs. Je fis, au bout de quelques jours, la connaissance d'un de mes voisins, un homme de trente à quarante ans, qui était bien le type le plus curieux que j'eusse jamais vu. C'était un vieux canotier, mais un canotier enragé, toujours près de l'eau, toujours sur l'eau, toujours dans l'eau. Il devait être né dans un canot, et il mourra bien certainement dans le canotage final.

Un soir que nous nous promenions au bord de la Seine, je lui demandai de me raconter quelques anecdotes de sa vie nautique. Voilà immédiatement mon bonhomme qui s'anime, se transfigure, devient éloquent, presque poète. Il avait dans le cœur une grande passion, une passion dévorante, irrésistible: la rivière.

—Ah! me dit-il, combien j'ai de souvenirs sur cette rivière que vous voyez couler là près de nous! Vous autres, habitants des rues, vous ne savez pas ce qu'est la rivière. Mais écoutez un pêcheur prononcer ce mot. Pour lui, c'est la chose mystérieuse, profonde, inconnue, le pays des mirages et des fantasmagories, où l'on voit, la nuit, des choses qui ne sont pas, où l'on entend des bruits que l'on ne connaît point, où l'on tremble sans savoir pourquoi, comme en traversant un cimetière: et c'est en effet le plus sinistre des cimetières, celui où l'on n'a point de tombeau.

La terre est bornée pour le pêcheur, et dans l'ombre, quand il n'y a pas de lune, la rivière est illimitée. Un marin n'éprouve point la même chose pour la mer. Elle est souvent dure et méchante, c'est vrai, mais elle crie, elle hurle, elle est loyale, la grande mer: tandis que la rivière est silencieuse et perfide. Elle ne gronde pas, elle coule toujours sans bruit, et ce mouvement éternel de l'eau qui coule est plus effrayant pour moi que les hautes vagues de l'Océan.

Des rêveurs prétendent que la mer cache dans son sein d'immenses pays bleuâtres, où les noyés roulent parmi les grands poissons, au milieu d'étranges forêts et dans des grottes de cristal. La rivière n'a que des profondeurs noires où l'on pourrit dans la vase. Elle est belle pourtant quand elle brille au soleil levant et qu'elle clapote doucement entre ses berges couvertes de roseaux qui murmurent.

Le poète a dit en parlant de l'Océan:

O flots, que vous savez de lugubres histoires!
Flots profonds, redoutés des mères à genoux,
Vous vous les racontez en montant les marées
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez, le soir, quand vous venez vers nous.


Eh bien, je crois que les histoires chuchotées par les roseaux minces avec leurs petites voix si douces doivent être encore plus sinistres que les drames lugubres racontés par les hurlements des vagues.

Mais puisque vous me demandez quelques-uns de mes souvenirs, je vais vous dire une singulière aventure qui m'est arrivée ici, il y a une dizaine d'années.

J'habitais, comme aujourd'hui, la maison de la mère Lafon, et un de mes meilleurs camarades, Louis Bernet, qui a maintenant renoncé au canotage, à ses pompes et à son débraillé pour entrer au Conseil d'État, était installé au village de C...., deux lieues plus bas. Nous dînions tous les jours ensemble, tantôt chez lui, tantôt chez moi.

Un soir, comme je revenais tout seul et assez fatigué, traînant péniblement mon gros bateau, un océan de douze pieds, dont je me servais toujours la nuit, je m'arrêtai quelques secondes pour reprendre haleine auprès de la pointe des roseaux, là-bas, deux cents mètres environ avant le pont du chemin de fer. Il faisait un temps magnifique; la lune resplendissait, le fleuve brillait, l'air était calme et doux. Cette tranquillité me tenta; je me dis qu'il ferait bien bon fumer une pipe en cet endroit. L'action suivit la pensée; je saisis mon ancre et la jetai dans la rivière.

Le canot, qui redescendait avec le courant, fila sa chaîne jusqu'au bout, puis s'arrêta; et je m'assis à l'arrière sur ma peau de mouton, aussi commodément qu'il me fut possible. On n'entendait rien, rien: parfois seulement, je croyais saisir un petit clapotement presque insensible de l'eau contre la rive, et j'apercevais des groupes de roseaux plus élevés qui prenaient des figures surprenantes et semblaient par moments s'agiter.

Le fleuve était parfaitement tranquille, mais je me sentis ému par le silence extraordinaire qui m'entourait. Toutes les bêtes, grenouilles et crapauds, ces chanteurs nocturnes des marécages, se taisaient. Soudain, à ma droite contre moi, une grenouille coassa. Je tressaillis: elle se tut; je n'entendis plus rien, et je résolus de fumer un peu pour me distraire. Cependant, quoique je fusse un culotteur de pipes renommé, je ne pus pas; dès la seconde bouffée, le cœur me tourna et je cessai. Je me mis à chantonner; le son de ma voix m'était pénible; alors, je m'étendis au fond du bateau et je regardai le ciel. Pendant quelque temps, je demeurai tranquille, mais bientôt les légers mouvements de la barque m'inquiétèrent. Il me sembla qu'elle faisait des embardées gigantesques, touchant tour à tour les deux berges du fleuve; puis je crus qu'un être ou qu'une force invisible l'attirait doucement au fond de l'eau et la soulevait ensuite pour la laisser retomber. J'étais ballotté comme au milieu d'une tempête; j'entendis de l'eau et la soulevait ensuite pour la laisser retomber. J'étais ballotté comme au milieu d'une tempête; j'entendis des bruits autour de moi; je me dressai d'un bond: l'eau brillait. Tout était calme.

Je compris que j'avais les nerfs un peu ébranlés et je résolus de m'en aller. Je tirai sur ma chaîne; le canot se mit en mouvement, puis je sentis une résistance, je tirai plus fort, l'ancre ne vint pas: elle avait accroché quelque chose au fond de l'eau et je ne pouvais la soulever; je recommençai à tirer, mais inutilement. Alors, avec mes avirons, je fis tourner mon bateau et je le portai en amont pour changer la position de l'ancre. Ce fut en vain, elle tenait toujours; je fus pris de colère et je secouai la chaîne rageusement. Rien ne remua. Je m'assis découragé et je me mis à réfléchir sur ma position. Je ne pouvais songer à casser cette chaîne ni à la séparer de l'embarcation, car elle était énorme et rivée à l'avant dans un morceau de bois plus gros que mon bras; mais comme le temps demeurait fort beau, je pensai que je ne tarderais point, sans doute, à rencontrer quelque pêcheur qui viendrait à mon secours. Ma mésaventure m'avait calmé; je m'assis et je pus enfin fumer ma pipe. Je possédais une bouteille de rhum, j'en bus deux ou trois verres, et ma situation me fit rire. Il faisait très chaud, de sorte qu'à la rigueur je pouvais, sans grand mal, passer la nuit à la belle étoile.

Soudain, un petit coup sonna contre mon bordage. Je fis un soubresaut, et une sueur froide me glaça des pieds à la tête. Ce bruit venait sans doute de quelque bout de bois entraîné par le courant, mais cela avait suffi et je me sentis envahi de nouveau par une étrange agitation nerveuse. Je saisis ma chaîne et je me raidis dans un effort désespéré. L'ancre tint bon. Je me rassis épuisé.

Cependant, la rivière s'était peu à peu couverte d'un brouillard blanc très épais qui rampait sur l'eau fort bas, de sorte que, en me dressant debout, je ne voyais plus le fleuve, ni mes pieds, ni mon bateau, mais j'apercevais seulement les pointes des roseaux, puis, plus loin, la plaine toute pâle de la lumière de la lune, avec de grandes taches noires qui montaient dans le ciel, formées par des groupes de peupliers d'Italie. J'étais comme enseveli jusqu'à la ceinture dans une nappe de coton d'une blancheur singulière, et il me venait des imaginations fantastiques. Je me figurais qu'on essayait de monter dans ma barque que je ne pouvais plus distinguer, et que la rivière, cachée par ce brouillard opaque, devait être pleine d'êtres étranges qui nageaient autour de moi. J'éprouvais un malaise horrible, j'avais les tempes serrées, mon cœur battait à m'étouffer; et, perdant la tête, je pensai à me sauver à la nage; puis aussitôt cette idée me fit frissonner d'épouvante. Je me vis, perdu, allant à l'aventure dans cette brume épaisse, me débattant au milieu des herbes et des roseaux que je ne pourrais éviter, râlant de peur, ne voyant pas la berge, ne retrouvant plus mon bateau, et il me semblait que je me sentirais tiré par les pieds tout au fond de cette eau noire.


Rowing

Last summer I had rented a little cottage on the Seine several leagues from Paris, and I'd spend every night there. After a few days I got to know one of my neighbors, a man between thirty and forty, who was surely the oddest character I'd ever met. He was a rower of long standing, a fanatical rower, always near the water, always on the water, always in the water. He must have been born in a rowboat, and he'll surely die in the "last rowing."

One evening, while we were strolling alongside the Seine, I asked him to tell me some anecdotes from his nautical life. At once the fellow became animated, transfigured, eloquent, almost poetical. In his heart he had a grand passion, a devouring, irresistible passion: the river.

"Ah!" he said, "how many memories I have of this river you see flowing by us here! You folk who live in streets don't know what the river is. But listen to an angler pronounce that word. For him it's that mysterious, profound, unknown thing, that region of mirages and weird spectacles where at night you see things that don't exist, you hear sounds unfamiliar to you, you shiver without knowing why, as if walking through a cemetery: and, in truth, it's the most sinister of cemeteries, the one in which people have no grave.

"For the angler the land is limited, but in the dark when there's no moon the river is boundless. A sailor doesn't have the same feelings about the ocean. It's often harsh and malevolent, true, but it cries out, it howls, it's honest, the open sea is! Whereas the river is silent and treacherous. It doesn't roar, it keeps flowing noiselessly, and that eternal motion of flowing water is more frightening to me than the high waves of the ocean.

"Some dreamers claim that the sea conceals within its bosom immense bluish regions where drowned men roll by among huge fish, amid strange forests and in crystal grottos. The river has only black depths where you rot away in the mud. And yet it's beautiful when it shines at sunrise and gently laps against its banks, which are covered with murmuring reeds.

"Speaking of the ocean, the poet said:

'O billows, how many mournful stories you know!
Deep billows, dreaded by kneeling mothers,
you recount them to one another as you mount the tides,
and that's what gives you those despairing voices
you have in the evening when you come toward us.'


"Well, then, I believe that the stories whispered by the slender reeds with their low voices that are so gentle must be even more sinister than the mournful dramas recounted by the howling waves.

"But since you ask me for some of my memories, I shall tell you of an unusual adventure that befell me here about ten years ago.

"I was living, as I still do, in old lady Lafon's cottage, and one of my closest chums, Louis Bernet, who has now given up rowing, and its pomps and untidiness, in order to join the Council of State, was residing in the village of C——, two leagues downstream. We'd dine together daily, sometimes at his place, sometimes at mine.

"One evening, as I was returning alone and quite tired, painfully dragging along my big boat, a twelve-foot 'ocean' model that I always used at night, I paused for a few seconds to catch my breath near the outermost point of those reeds over there, about two hundred meters before the railway bridge. The weather was magnificent; the moon was aglow, the river was sparkling, the air was calm and mild. That tranquillity tempted me; I told myself it would be really nice to smoke a pipe on that spot. The deed followed the thought; I seized my anchor and threw it in the river.

"The boat, which was redescending with the current, let out its chain to the very end, then stopped; and I sat down in the stern on my sheepskin as comfortably as I could. Nothing could be heard, nothing: except that occasionally I thought I could detect a slight, all but imperceptible, lapping of the water against the bank, and I perceived groups of taller reeds which assumed surprising shapes and at times seemed to be waving.

"The river was perfectly calm, but I felt moved by the extraordinary silence all around me. All the animals, frogs and toads, those nocturnal singers of wetlands, were still. Suddenly to my right, very close to me, a frog croaked. I started: it fell silent; I heard nothing more, and I decided to smoke a little to get my mind off things. And yet, though I was well known as a great pipe smoker, I was unable to; after the second puff, I felt queasy and I stopped. I began to hum; the sound of my voice was unpleasant to me; then I stretched out in the bottom of the boat and looked up at the sky. For some time I remained calm, but soon the slight motions of the boat made me nervous. It seemed to me to be yawing in tremendous lurches, touching both banks of the river in turn; then I thought that some creature or invisible force was gently pulling it down to the riverbed, then raising it, only to let it fall again. I was being tossed about as if in the middle of a storm; I heard noises around me; I sat up with a bound: the water was shining. All was calm.

"I realized that my nerves were a little unstrung, and I decided to move on. I yanked at my chain; the boat started to move, then I felt a resistance; I tugged harder, but the anchor didn't come up: it had hooked into something on the riverbed and I couldn't raise it; I started pulling again, but it did no good. Then with my oars I got my boat to turn and I brought it upstream to change the position of the anchor. It was no use, the anchor was still stuck; I became enraged and I shook the chain furiously. Nothing budged. I sat down in discouragement and began to think my situation over. I couldn't dream of breaking that chain or separating it from the craft, because it was enormous and fixed at the bow in a block of wood thicker than my arm; but since the weather continued to be very fine, I imagined that before long I'd surely meet some angler who'd come to my aid. My misadventure had calmed me; I sat down and was finally able to smoke my pipe. I had a bottle of rum with me, I drank two or three glasses of it, and my situation made me laugh. It was very warm, so that, if it were necessary, I could spend the night outdoors without much discomfort.

"Suddenly there was a slight thud against my planking. I gave a start, and a cold sweat chilled me from head to foot. That sound had surely been made by some piece of wood swept along in the current, but it had sufficed to make me feel once more gripped by a strange agitation of the nerves. I seized my chain and stiffened my body in a desperate attempt. The anchor held fast. I sat back down, exhausted.

"Meanwhile the river had gradually become covered by a very dense white fog that was trailing over the water at a very low elevation, so that when I stood up I no longer saw the river, or my feet, or my boat; all I could make out was the tips of the reeds, then, farther away, the plain all pale in the moonlight, with big black blotches rising into the sky, formed by clusters of Italian poplars. I was as if buried to the waist in an unusually white cotton cloth, and I was having fantastic imaginings. I thought someone was trying to board my boat, which I could no longer distinguish, and that the river, hidden by that opaque fog, must be full of strange creatures swimming around me. I felt horribly ill at ease, my temples were tightened, my heart was beating hard enough to stifle me; and, losing my head, I conceived the idea to escape by swimming away; then at once that thought made me shiver with fright. I saw myself lost, drifting randomly in that thick fog, struggling in the midst of grasses and reeds that I wouldn't be able to avoid, at my last gasp with fear, unable to see the riverbank, unable to find my boat again; and it seemed to me that I'd feel myself pulled by my feet down to the bottom of that black water.


(Continues...)

Excerpted from My Uncle Jules and Other Stories Mon oncle Jules et autres contes by Guy de Maupassant, STANLEY APPELBAUM. Copyright © 2007 Dover Publications, Inc.. Excerpted by permission of Dover Publications, Inc..
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Table of Contents

Introduction
Sur l'eau / Rowing
La rempailleuse / The Chair Mender
Pierrot / Pierrot
La peur / Fear
A cheval / On Horseback
Deux amis / Two Friends
Mon oncle Jules / My Uncle Jules
La mère Sauvage / Old Lady Sauvage
Toine / Toine
Mouche / Mouche
Le champ d'oliviers / The Olive Grove
L'inutile beauté / Wasted Beauty

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